Le Nutri-Score a-t-il un impact sur les ventes ?

8 juin 2022 - Benoît Merlaud

Selon IRI, les produits affichant un meilleur profil nutritionnel (Nutri-Score A ou B) gagnent des parts de marché, tandis que les moins bien notés (E) perdent du terrain. Le signe d’une prise de conscience de la part des consommateurs, et le résultat d’une stratégie de seuils menée par les industriels.

Au sein d’une même catégorie de produits, le consommateur se tourne-t-il vers les aliments présentant un meilleur profil nutritionnel ? Oui, plutôt, selon IRI. L’institut s’est penché sur la question en étudiant à la loupe les ventes de 31 marchés différents, sur 12 mois arrêtés en avril 2022, en hypers et supermarchés.

Toutes les références ont été classées selon les critères du Nutri-Score, que la note soit affichée ou non sur l’emballage. IRI observe ainsi que les produits A et B voient leur part de marché cumulée croître de 0,7 point sur la période (+ 0,3 pour le A, + 0,4 pour le B). À l’inverse, en bas de l’échelle, c’est un -0,5 point pour la notation E, plus grosse régression du panel.

Au centre, sanction similaire pour les produits au Nutri-Score C avec un recul de part de marché de 0,4 point, alors que ceux notés D terminent avec + 0,2 pt.

Deux phénomènes concourent à ce résultat. D’abord, l’affichage du Nutri-Score sur un nombre croissant de références sensibilise le consommateur, en lui apportant une clé de lecture simple des assortiments et en incitant les plus curieux à regarder aussi de près les tableaux nutritionnels des produits non notés.

Une modification de l’offre

Cette évolution des ventes, ensuite, est autant la conséquence d’une évolution de la demande que d’une modification de l’offre. De nombreux industriels revoient en effet leurs recettes afin de changer la note de leurs produits.

Toujours selon IRI, le nombre moyen d’aliments au profil E présents en rayon a diminué de 3,5% en un an. Lorsqu’il est affiché sur les packagings, ce "feu rouge" exerce un effet dissuasif dont se passeraient bien les industriels concernés. Pas étonnant d’en voir certains tout faire, si cela est possible, pour obtenir une note D.

De la même manière, l’offre de produits au profil C recule de 3,6%. Là encore, la perspective d’obtenir une note B a tout d’un Graal pour les fabricants concernés, qui passent psychologiquement de "moyens" à "bons".

Les autres profils nutritionnels voient leur assortiment diminuer en rayon dans des proportions moindres (-2,2% à -2,5%), en ligne avec la stratégie des enseignes de rationaliser leur offre en général.

Alors que l’apposition du Nutri-Score pourrait devenir obligatoire fin 2022, la Commission européenne se réunissant le 19 octobre pour statuer sur le sujet, il y a fort à parier que l’industrie poursuive encore ses efforts.

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