LME/Egalim : les propositions de Michel Biero (Lidl)
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- Auteur : Frédéric Carluer-Lossouarn
Michel Biero était l’invité d’ Apolline de Malherbe sur BFMTV ce mercredi matin. Dans un contexte de reprise de la crise agricole et à trois jours de l’ouverture du Salon de l’agriculture, le président de Lidl France a présenté ses propositions pour réviser la législation sur les relations commerciales.
Avec son sens consommé de la mise en scène, il a d’abord brandi sur le plateau un énorme pavé de feuillets : un contrat signé avec une multinationale dans le cadre de la LME (Loi de Modernisation de l’Économie de 2008). Et de le comparer avec les 4 pages d’un contrat tripartite Lidl noué avec un groupement d’éleveurs et un industriel.
" La LME est obsolète, c’est la loi de la complexité , a-t-il lancé. On n’y comprend rien, c’est l’opacité du monde industriel. À aucun moment dans ces contrats négociés à l’international n’est pris en compte dans le prix d’achat le coût de la matière première agricole, de production, de transformation ou de distribution. Pourquoi suis-je le seul à la dénoncer aujourd’hui ? La LME écrase les lois Egalim. On peut faire Egalim 4, Egalim 15, etc. Tant qu’on n’aura pas réformé la LME, les lois Egalim qui vont se succéder ne serviront à rien. "
Les grandes marques 20% moins chères en Europe
Pour Michel Biero, la LME a un effet pervers sur les prix des produits des multinationales en France. " Mes collègues de Lidl en Europe - en Allemagne, en Italie, en Espagne - vendent les mêmes grandes marques 15% à 20% moins cher qu’en France car ils n’ont pas la LME, une spécificité française. "
Michel Biero a énuméré ses propositions faites à Bercy la veille. " Il faut d’abord réformer la loi LME, je le dis depuis six ans. Une fois cela fait, on peut revoir Egalim mais il faut un prix minimum garanti pour protéger le revenu de l’éleveur ". Prenant le cas du prix du lait, il a appelé tous les maillons (producteurs, industriels, distributeurs, filières, FranceAgriMer) à se mettre autour de la table pour s’appuyer sur les indicateurs de prix agricoles existants.
"Le salon va être très douloureux"
Même chose pour les promos. " Je propose d’interdire les promotions de façon expérimentale sur le lait, le porc et le bœuf, les trois secteurs d’élevage les plus en difficulté aujourd’hui. Sauf bien sûr en cas de demande du monde agricole s’il y a surproduction. "
Michel Biero a invité le président de la République et le Premier ministre à venir sur le stand Lidl au Salon de l’agriculture pour leur détailler ses propositions. " Le salon va être très douloureux, a-t-il estimé. La colère du monde agricole est légitime, elle dure depuis 50 ans, ils veulent de la transparence et être justement rémunérés. "
Les jours prochains diront si Lidl échappera lui aussi à la colère des agriculteurs sur le salon. L’enseigne joue en tout cas à nouveau la carte de la transparence et de la défense du monde agricole.