Pourquoi les ventes de bio reculent pour de bon

9 novembre 2021 - Amaury Beautru

Le bio enregistre un recul de son chiffre d’affaires en GMS sur cinq périodes d’affilée. Résultat, depuis le début d’année 2021, les ventes ont fléchi de -1,3%. Notre partenaire NielsenIQ donne des éléments d’explication.

Après le ralentissement, le recul. Que le marché du bio progresse moins vite que le conventionnel n’était déjà pas bon signe. Mais sur les dix premiers mois de 2021, les ventes de produits labélisés ont carrément basculé dans le rouge (-1,3%) plombées par cinq périodes successives en recul. Selon les données tous circuits GMS de NielsenIQ sur la P10  arrêtées au 10 octobre 2021, le marché enregistre une baisse de -2,2%. Une belle claque pour ce filon habitué aux croissances à deux chiffres.

D’après le panéliste, cette contre-performance s’explique par trois indicateurs de consommation mal orientés. En 2021, le marché du bio n’a pas autant recruté qu’auparavant. Grappiller des points de pénétration lorsque 98 % des foyers français sont déjà acheteurs de bio devient plus difficile. Par ailleurs, la fréquence d’achat est restée stable à 28 actes/an quand elle gagnait chaque année deux à trois passages en caisse, contribuant largement à la dynamique des ventes. Enfin, le nombre de catégories bio achetées est lui aussi identique à l’an passé (à 16), alors qu’il progressait habituellement de 3 à 4 catégories par an.

Sur ce critère comme sur celui de la fréquence d’achat, la réserve de croissance demeure très importante. Nielsen répertorie plus de 160 familles de produits comptant une offre certifiée. Chez les bio addicts, qui consacrent 10% de leurs dépenses alimentaires au bio, les achats s’effectuent en moyenne dans 36 catégories.

Pour la première fois, le poids du bio dans les ventes total PGC-FLS est en repli de 0,1 point, et s’établit à 5,1%. La baisse est notable chez les foyers modestes déjà sous-consommateurs (0,1 point à 3,1 %). En revanche, chez les ménages aisés, la part des produits AB continue de progresser en 2021 (+0,4 pt à 7,4%).

La déprime du bio est fortement corrélée à l’évolution de l’offre. Alors que l’assortiment progressait de l’ordre de 20% jusqu’en avril 2020, son évolution est tombée à +2,5% sur la période d’octobre 2021. La part d’offre AB reste tout de même bien supérieure à son poids en chiffre d’affaires (8,5 % des codes s’octroient 5,1 % du CA alimentaire).

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