Lidl se renforce sur les bananes équitables

17 mai 2021 - Beatrice Méhats-Démazure

Des bananes issues du commerce équitables ? Lidl en vendait déjà, mais en bio. A peu près 10 300 tonnes l’an dernier. Depuis janvier, l’enseigne a franchi une étape supplémentaire en testant dans l’Est de la France des bananes certifiées, conventionnelles cette fois, en provenance de Colombie et du Ghana. « Si ce test s’avère concluant, avec notamment un plébiscite des clients pour cette nouvelle référence, l’initiative de proposer des bananes Fairtrade/Max Havelaar accessibles sera déployée plus largement en France », assure Michel Biero, directeur exécutif achats et marketing de Lidl France. Une offre calée sur le prix des bananes conventionnelles actuelles (1,49 € le kg), aux côtés d’une entrée de gamme (0,99 € le paquet) et des bio équitables (1,99 €/kg).
En Alsace et en Lorraine, les bananes certifiées bio et Fairtrade/Max Havelaar représentaient déjà 11 % de ses volumes. Avec cette nouvelle offre conventionnelle, la proportion de bananes certifiées s’élève désormais à 67 %. 

Des répercussions sur l’amont

Max Havelaar rappelle que les répercussions en amont sont concrètes : « Au-delà du prix minimum, c’est 497 665 € de prime de développement qui ont été reversés aux coopératives de bananes en 2020 grâce aux achats des consommateurs chez Lidl, calcule Blaise Desbordes, directeur général de l’antenne française de l’ONG. Cela a permis la mise en place de projets collectifs pour améliorer la production (infrastructures, diversification agricole, formations, etc.) et les services à la communauté (scolarisation des jeunes, accès à la santé, infrastructures collectives, etc.) ».
Avec ce test, Lidl montre qu’il a appris de ses expériences passées. En 2018, l’enseigne avait annoncé que ses magasins ne vendraient plus – pour le Sud de l’Allemagne – que des bananes Fairtrade. Elle avait dû revoir sa copie dès mai 2019, les ventes n’étant pas au rendez-vous. La même année, Lidl faisait un pari identique, cette fois en Belgique. Là encore, selon la radio belge RTBF, l’enseigne a dû faire une légère marche arrière et élargir à nouveau la catégorie.
Faut-il voir alors dans ces essais plus ou moins avortés des effets d’annonces avant rétropédalage ? Ce serait simpliste. Dans tous ces exemples, l’enseigne tente au moins d’améliorer son offre. L’effort, en tous cas, n’alimente pas la guerre des prix. Posture que ne partagent pas tous les discounters européens (voir Linéaires de février 2021, réservé aux abonnés). Rappelons également que Monoprix promet déjà – et ce depuis 2018 – de ne commercialiser que des bananes bio et 100 % équitables.

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