Un nouveau pacte de solidarité signé pour les négos

8 décembre 2022 - Benoît MERLAUD

Distributeurs et industriels ont signé, sous l’égide du gouvernement, un nouveau pacte de bonnes pratiques pour les négociations commerciales. Les PME, notamment, pourront faire passer sans discussion la hausse des coûts de l’énergie.

A droite, Michel-Edouard Leclerc et Christophe Chineau, le nouveau président d'ITM Alimentaire (au micro), venus afficher leur soutien au pacte signé sous l'égide des deux ministres Roland Lescure et Olivia Grégoire (à gauche).

A droite, Michel-Edouard Leclerc et Christophe Chineau, le nouveau président d'ITM Alimentaire (au micro), venus afficher leur soutien au pacte signé sous l'égide des deux ministres Roland Lescure et Olivia Grégoire (à gauche). 

Un petit pas pour le monde du commerce, mais un joli coup pour Olivia Grégoire. Alors que les négociations commerciales annuelles ont démarré dans un contexte encore plus tendu que d’ordinaire, la ministre déléguée chargée des PME et du Commerce a fait pression sur les distributeurs pour qu’ils acceptent de préserver un peu mieux les petites entreprises dans les box. 

Une semaine lui a suffi pour obtenir gain de cause. Le 8 décembre, avec Roland Lescure, son collègue au gouvernement chargé de l’Industrie, Olivia Grégoire a réuni les fédérations professionnelles de fournisseurs et les représentants de la grande distribution pour officialiser la signature d’un nouveau pacte de solidarité. 

"Plaisent à ceux qui le veulent de faire des Egalim 3"

Le gouvernement a obtenu des distributeurs qu’ils acceptent sans discussion les hausses de coûts de l’énergie répercutées dans les conditions de vente des PME, dès lors qu’elles sont documentées (ou certifiées par un tiers de confiance) au plus tard quatre semaines après le 1er décembre. Un mécanisme similaire à celui qui sanctuarise les coûts des matières premières agricoles (pour toutes les entreprises), mais qui n’a pas eu besoin d’une loi pour être adopté. 

"On préfère venir ici que d’avoir à se justifier vis-à-vis de textes que même ceux qui les écrivent n’appliquent jamais, a lancé Michel-Édouard Leclerc, participant en personne à la présentation du pacte. Plaisent à ceux qui le veulent de faire des Egalim 3, nous on n’en est pas là."

Pour les entreprises de plus grande taille, la même transparence est attendue sur les coûts de l’énergie, mais les distributeurs s’engagent seulement à les "prendre en compte dans la négociation". Leur répercussion intégrale n’est donc pas garantie. 

Le pacte, en outre, assure également aux PME qu’elles ne se verront pas appliquer de pénalités logistiques si elles préviennent suffisamment en amont des difficultés de livraison qu’elles rencontrent.

Ces mesures, dans un premier temps, sont valables jusqu’au 1er mars, date officielle de clôture des négociations annuelles. 

"Les ETI sont une nouvelle fois les grandes oubliées"

L’Adepale, association des PME et entreprises de taille intermédiaire (ETI) alimentaires, se réjouit en demi-teinte de la signature du pacte. "Les ETI, acteurs majeurs de notre outil de production alimentaire (elles représentent plus d’un tiers de l’emploi et du chiffre d’affaires de l’industrie agroalimentaire française), sont une nouvelle fois les grandes oubliées, regrette l’association. Sans possibilité de répercuter une partie de ces hausses durant les négociations commerciales, elles n’auront d’autres options que d’arrêter certaines de leurs productions." Une décision douloureuse que Cofigeo, par exemple, a déjà dû se résoudre à prendre

 

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