Aller au contenu principal

Lidl épinglé par le Collectif Sauvons les fruits et légumes de France

Lidl est accusé par le Collectif Sauvons les fruits et légumes de France d’oublier ses engagements sur l’origine France sitôt Michel Biero parti. Au cœur des préoccupations ? La "volonté du discounter allemand de reprendre la guerre des prix".
  • Publié :
  • Modifié :
  • Auteur : Béatrice Méhats-Démazure
Lidl.png

L’attaque est frontale : Lidl est dans le collimateur du Collectif Sauvons les fruits et légumes de France. " Le départ de Michel Biero de l’enseigne Lidl avait généré des craintes à l’amont de la filière fruits et légumes frais sur une évolution délétère des pratiques d’achat au détriment des producteurs, souligne le Collectif dans un communiqué. Pas de miracle, ces craintes étaient fondées et nos producteurs sont en train de payer cash la volonté du discounter allemand de reprendre la guerre des prix."

Deux exemples viennent étayer son constat. " En fraises, alors qu’en cette semaine de Pâques la production ne satisfait pas la demande, Lidl impose à ses fournisseurs une baisse de prix conséquente de plus de 20 centimes au kilo en regard de ses concurrents" , accuse le collectif, qui rassemble depuis 2007 des producteurs travaillant aussi bien agriculture raisonnée que biologique. En concombres, "la politique moins-disante est identique, et se double de menaces d’importations, ajoute le communiqué. Les producteurs ont de réelles craintes de concombres espagnols en rayon dans un avenir très proche."

Avancé, un troisième argument concerne davantage l’ensemble de la distribution que Lidl en particulier : " En pommes, alors que pas un kilo ne devrait sortir des stations à moins de 1 €/kg, les cotations RNM montrent que les prix dévissent depuis le début de la saison sur l’entrée de gamme (sachets 2 kg) et se situent 10 % en dessous de la campagne précédente ."

C’est à la vigilance et au réflexe citoyen des consommateurs français que fait donc appel le Collectif : " Aujourd’hui, l’enseigne mène à nouveau la guerre des prix avec le risque majeur que ses concurrents suivent, en foulant du pied au passage leurs beaux engagements du salon de l’agriculture sur l’origine France et la rémunération des producteurs… les prix bas ne rémunèrent pas les producteurs et l’importation les tue ." Ambiance…

Alors, la fin d’une idylle ? Le contraste est fort avec l’ère " Michel Biéro ", qui s’est conclue par un an de Tournée en Terres d’Avenir et une décennie de présence de Lidl au Salon de l’agriculture. Depuis 2019, le discounter avait également entrepris une démarche de responsabilisation spécifique à ses filières F&L  : enseigne et fournisseurs ont co-construit 8 feuilles de route couvrant 12 filières. L’objectif RSE – 67 filières en 2030 – devra sans doute jouer avec ce net refroidissement d’atmosphère.