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L'incroyable enquête sur le cartel du yaourt

  • Publié :
  • Modifié :
  • Auteur : B. Merlaud

Dans son édition du 24 février , Le Figaro livre de croustillants détails sur les cachotteries des industriels découvertes par l'Autorité de la concurrence.

Point de départ de l'affaire, comme souvent dans ces cas-là, c'est l'un des membres du "cartel", attiré par les mesures de clémence réservées aux repentis, qui a dévoilé le pot aux roses.

Yoplait, en l'occurrence, a alerté l'Autorité en 2011 sur des ententes entre fournisseurs sur le marché des produits laitiers frais MDD. En 2012, Senoble a à son tour livré des éléments aux enquêteurs.

Toujours selon Le Figaro, les autres membres principaux du cartel sont Lactalis et Novandie. Laïta, Les Maîtres laitiers du Cotentin et Alsace lait sont également cités. Apparaissent enfin, de façon plus marginale, la Laiterie de Saint-Malo, Yéo Frais et Triballat.

Téléphones portables secrets

Le cartel aurait sévi de 2006 à 2012, aboutissant dès 2010 à un "Yalta du yaourt", qui reposait à la fois sur des accords de prix et le gel des positions acquises en volume entre concurrents. Les industriels s'entendaient sur les hausses de prix à réclamer aux distributeurs et s'interdisaient de s'affronter "pour de vrai" dans les appels d'offres lancés par les enseignes.

De dénonciations en perquisitions, les enquêteurs ont retrouvé la trace de téléphones portables secrets, de réunions discrètes dans des salles louées à l'Ibis ou à l'Holiday Inn du coin, de règles de partage de marchés détaillées dans des carnets manuscrits.

Le Figaro, qui dévoile les résultats de l'enquête mais ne connaît pas les arguments de défense avancés par les industriels, annonce que l'Autorité de la concurrence prononcera ses condamnations très prochainement.