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En difficulté, le charcutier alsacien Maurer Tempé cherche un repreneur

Fragilisée par des tensions de trésorerie malgré une activité soutenue, la charcuterie alsacienne Maurer Tempé lance un appel à la reprise. L'entreprise, détenue par ses salariés depuis 2019, espère trouver un acteur capable de relancer durablement sa croissance tout en préservant son savoir-faire. 
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  • Auteur : Ludivine Canard
La charcuterie alsacienne Maurer Tempé, fondée en 1876, a été reprise en Scop en 2019.

La charcuterie alsacienne Maurer Tempé, fondée en 1876, a été reprise en Scop en 2019.

La charcuterie alsacienne Maurer Tempé, fondée en 1876 et reprise en Scop en 2019 par ses salariés, avait alerté il y a quelques mois sur ses difficultés de trésorerie en lançant une cagnotte. Elle franchit désormais une nouvelle étape avec un appel à la reprise de l'entreprise. 

Nous sommes dans l'impasse et avons fait le tour des différentes possibilités ", explique Mathieu Rouillard, président-directeur général de la Scop, dans un communiqué. " C'est pourquoi les salariés-associés, le conseil d'administration et la direction ont fait le choix responsable d'ouvrir la porte à un projet de reprise. Notre volonté est claire : préserver l'outil industriel, maintenir les emplois, assurer la continuité des marques, protéger les savoir-faire historiques et permettre à l'entreprise de retrouver une dynamique de croissance durable ". 

Une situation financière sous tension malgré la croissance 

Si la coopérative a su opérer une mutation notable — passant de 21 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2018 à 26 millions d'euros en 2024 — les chocs conjoncturels ont laissé des traces. La flambée du prix du porc, la crise sanitaire, l'inflation généralisée puis la guerre en Ukraine ont entraîné une hausse brutale des coûts de production, difficilement répercutable sur des clients finaux attentifs à leur pouvoir d'achat. Résultat : deux exercices déficitaires consécutifs en 2022 et 2023, avant un retour timide à l'équilibre en 2025, avec un résultat de +33 000 euros à fin mars. 

Malgré une activité commerciale dynamique et des carnets de commandes bien remplis, la trésorerie ne permet plus de soutenir le rythme de production. " L'enjeu est de relancer l'activité fortement pour la rentrée de septembre 2026, qui est importante en termes de chiffre d'affaires et d'enjeux ", souligne Mathieu Rouillard. 

Concernant le profil du repreneur recherché, l'entreprise précise : " Au-delà de l'aspect business, d'une véritable vision et d'une démarche sur le temps long, ce sont des amoureux de la gastronomie, aimant la convivialité autour d'un plateau de charcuterie, du bon, ayant la volonté de défendre la gastronomie française et alsacienne et étant animé par le fait de défendre la souveraineté nationale ". 

Les grandes et moyennes surfaces constituent l'essentiel des débouchés de l'entreprise, représentant 80% de l'activité, avec notamment des enseignes comme Grand Frais, La Grande Épicerie de Paris et Lafayette Gourmet. La restauration hors foyer pèse 19% du chiffre d'affaires, tandis que l'export (Angleterre, Asie, etc.) reste marginal, à hauteur de 1%.