Self-discount : la classe éco des hypers Auchan
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- Auteur : F. Carluer-Lossouarn
Pouce et Self-discount aux mêmes prix
Les clients semblent apprécier de pouvoir remplir eux-mêmes les sachets au gré de leurs besoins. Le concept n’en est pas moins perfectible. Au point balance, les conseils des employés ne sont pas de trop (l’équipe Self-discount compte 5 personnes. 2 à 3 personnes sont présentes en rayon). Les sachets sont relativement petits. Il faut se baisser pour accéder à la rangée de distributeurs située près du sol. La casse pose problème, tout comme les fraudes potentielles à la pesée, en libre accès. On peut aussi s’interroger sur l’opportunité de consacrer autant d’espace (80 cartons sur 5 niveaux pour seulement 31 références) aux pâtisseries et biscuits à l’unité vendus au poids (0,40 € les 100 g).
Aux fruits et légumes, les plateaux sont loin d’être dévalisés. L’assortiment est court : 8 références (tomates, bananes, pommes, pommes de terre, carottes, oranges, ail et échalote). Le rayon classique est tout proche. A l’autre bout de l’espace Self-discount, les gros conditionnements de produits d’hygiène et d’entretien cultivent l’image discount : bidons de 5 litres de nettoyant ménager, de lessive liquide ou d’eau de Javel. Là encore, des réglages s’imposent. « C’est pour mettre dans un appareil et je n’en ai pas » , lâche cette cliente, circonspecte face à ces gros rouleaux cylindriques de papier essuie-tout d’importation.
Aux surgelés, on retient la simplicité de lecture de l’assortiment (86 références au total). Petit bémol : les tombeaux à portes coulissantes sont peu vendeurs (comme dans beaucoup d’enseignes de hard-discount). Cà et là, on repère quelques produits Auchan ou Pouce abandonnés par des clients qui leur ont préféré les Self-discount équivalents. Globalement, ces derniers sont pourtant au même prix que les produits Pouce : 0,75 € le bac de 1 kg de glace goût vanille, 0,80 €/kg le sachet de haricots verts surgelés, 1,33 €/kg la pâte à tartiner type Nutella.
Où les implanter ?
Les rayons frais (charcuterie-traiteur, fromage, ultra-frais) constituent un autre point fort. On y retrouve les codes qui ont fait le succès du hard-discount : assortiment court, cartons ouverts, camemberts sans boîte, etc. Là encore, de quoi soigner son image discount. A l’inverse, la présence de marques (Mamie Nova mais aussi Maître coq ou Duc aux surgelés) pourrait nuire à la cohérence du concept auprès des clients. DPH mis à part, les fournisseurs sont essentiellement français, avec une forte colonie de Nordistes : Lionor (poulet), Brasserie de St Omer (bière), Covinor (vinaigre), etc.
Comme en témoigne le livre d’or mis à leur disposition (une initiative locale semble-t-il), les clients semblent plutôt satisfaits : « C’est super d’avoir organisé ce rayon. C’est bien pour les familles qui n’ont pas de gros budget » , « Enfin des courses économiques ! L’idée est excellente » . Au détour des pages, on découvre aussi des commentaires moins élogieux : « Je suis marchand d’ail et je dois vous remercier de vendre de l’ail à 1,90 €/kg, car les gens se rendent bien compte que pour 1,90 €/kg, ils devront manger de la m… ».
Chez Auchan, on se refuse encore à dresser un premier bilan. « Nous n’avons pas d’objectifs écrits. Nous ferons le point en octobre » , explique Arnaud Mulliez, le patron des Auchan français. Une chose est sûre en tout cas, si le modèle commerçant semble fonctionner, il reste sans doute à valider le modèle économique. « C’est un vrai relais de croissance. D’ores et déjà, 20 % de nos clients fréquentent Self-discount » . Alors qu’Auchan ouvre son premier hard-discount Fredi tout en dupliquant son concept de supermarchés soft-discount Easy Marché, Self-discount constitue une réponse originale à la désaffection qui frappe les grands hypers. Reste malgré tout un problème de fond : où implanter les Self-discount ? Faut-il les installer dès l’entrée, au risque de décourager les clients d’aller arpenter le reste du magasin ? A l’inverse, faut-il les placer au milieu de la zone alimentaire sachant que les clients qui y parviennent ont déjà bien remplis leurs chariot ? Les deux configurations existent. Visiblement, la question n’est pas encore tranchée.
L’assortiment détaillé
Epicerie salée : 136 réf.
Dont vrac (café, pâtes, riz, etc.) : 34 réf.
Dont pet-food : 11 réf.
Epicerie sucrée : 98 réf.
Dont pâtisseries au vrac : 31 réf.
Dont biscuits et pâtisserie industrielle : 19 réf.
Dont confiserie emballée au vrac : 13 réf.
Surgelés : 86 réf.
Dont glaces : 17 réf.
Dont légumes : 18 réf.
Dont viandes et plats cuisinés : 39 réf.
Dont poisson : 11 réf.
Crémerie : 55 réf.
Dont fromage : 24 réf.
Dont ultra-frais : 20 réf.
Charcuterie-traiteur-boucherie : 55 réf.
Dont charcuterie : 30 réf.
Dont boucherie : 2 réf.
Dont traiteur de la mer : 2 réf.
Dont traiteur : 20 réf.
Fruits et légumes : 12 réf. (fruits secs compris)
Liquides : 33 réf.
Dont vins : 9 réf.
Dont spiritueux : 5 réf.
Dont bière : 3 réf.
Dont eau, cola, jus de fruits, sirops, etc. : 16 réf.
DPH, entretien : 56 réf.
Assortiment total : environ 530 références
Source : Linéaires