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Négociations : industriels et distributeurs dans le viseur de Bercy

Le comité de suivi des négociations commerciales s’est tenu sur fond de manifestations d’agriculteurs. Le gouvernement multiplie les contrôles chez les industriels comme les distributeurs et promet de lourdes sanctions en cas de non-respect de la loi Egalim. 
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  • Auteur : Agathe Lejeune
Bruno Le Maire Mar Fesneau
Comme chaque année depuis 2014, se tenait vendredi dernier le comité de suivi des négociations commerciales, en présence des représentants de l’amont agricole, des industriels et de la grande distribution. 

Avancées, les négociations annuelles seront clôturées ce mercredi 31 janvier dans une ambiance pour le moins tendue, marquée par des actions choc d’agriculteurs en colère. Leurs revendications sont nombreuses : allégement des procédures, des normes, des taxes, du prix du carburant. Tous réclament d’abord un meilleur revenu. Sur ce point, industriels et distributeurs sont amplement visés pour non-respect de la loi Egalim.  

De lourdes sanctions

" La loi Egalim est un énorme progrès (…). Mais je suis assez lucide, dans les négociations commerciales, l'agriculteur n'est pas toujours suffisamment protégé ", reconnaissait le nouveau Premier ministre Gabriel Attal en déplacement en Haute-Garonne vendredi dernier. 
Regrettable, selon Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, qui rappelle " qu’aucune autre nation en Europe ne protège par la loi le revenu des producteurs ." D’où la multiplication des contrôles de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) " qui ont fait apparaître un certain nombre d’infractions de la part des industriels, en aval de la formation du prix, comme de la part de certains distributeurs, en amont de la formation du prix ", précise Bruno Le Maire. Les entreprises concernées auront quelques jours pour se conformer à la loi, sans quoi elles risquent une lourde sanction, pouvant aller jusqu’à 2% de leur chiffre d’affaires. 

Patriotisme agricole

Manque de transparence, accords ou contrats sans la clause de révision des prix, tromperie sur l’origine France, les griefs sont nombreux. Il est reproché aux enseignes de profiter dans certains cas de leurs centrales d’achat européennes pour passer outre la législation. " Aller chercher des produits à l’étranger pour s’affranchir de la loi française est inacceptable , déclare Marc Fesneau, ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire. Lorsque le porc est proposé à moins de 2€ le kilo, c’est-à-dire moins que le coût de revient initial, cela veut dire que la loi n’est pas respectée ou qu’elle est contournée ". 

Le gouvernement rappelle par ailleurs l’esprit d'Egalim, pensée pour répondre à la souveraineté alimentaire. Marc Fesneau en appelle au " patriotisme agricole " et à stopper le double discours, celui de plaider en faveur de la qualité made in France tout en se fournissant en dehors de l’Hexagone. Une des actions menées par les agriculteurs ce week-end consistait d’ailleurs à sticker des produits aux étiquettes trompeuses, des yaourts fabriqués en France à base de lait en poudre d’origine UE, par exemple.