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LinéairesPrix : Carrefour prend le large

  • Publié :
  • Modifié :
  • Auteur : Florent Vacheret

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Ca bouge sur le terrain des prix ! Cette affirmation, ô combien banale, prend un relief particulier à la lecture de la dernière livraison de l’indice LinéairesPrix. A tout seigneur, tout honneur, Carrefour trône sur la première marche du podium. Et de quelle manière. De non significatif au second semestre 2004 (0,1 point) à symbolique au premier semestre 2005 (0,2 point), son écart de prix avec Leclerc s’est creusé sérieusement depuis juillet : plus de 0,8 %. Voilà une réalité dure à encaisser pour le mouvement d’indépendants ! Il n’y a pas si longtemps, Carrefour était encore moqué pour son manque d’application dans le respect des fondamentaux du discount… Il serait toutefois hâtif d’en déduire que Carrefour est globalement moins cher que Leclerc. Rappelons, à ce stade, que le panier Linéaires est composé presque exclusivement de produits archi-leaders sur leur rayon : le Nutella 750 g, le Bio de Danone x 4, les Knacki Herta x 10, etc. Parce que ce sont des références incontournables, qui forgent l’image prix d’un magasin. Carrefour est-il aussi combatif que Leclerc sur les marques nationales secondaires ou les MDD ? On se gardera bien de l’affirmer.

« Une récompense logique et attendue »

Cela n’enlève rien à la portée de cette victoire. Elle traduit la mise en application concrète de la stratégie martelée par l’état-major du numéro deux mondial : appliquer les prix les plus bas du marché en vue de faire décoller le chiffre d’affaires. « C’est une très très bonne nouvelle et une belle récompense pour les équipes , s’enthousiasme Guy Yraeta, le patron des hypers Carrefour France. Mais ces résultats ne me surprennent pas, ils sont logiques et attendus eu égard aux efforts entrepris sur l’année 2005. »
Distancé, Leclerc en serait presque réduit à jouer les seconds rôles. Bien qu’il soit difficile de généraliser, les observations réalisées par l’équipe de Linéaires tendraient à montrer un relâchement dans l’effort au cours du dernier trimestre. « Depuis la rentrée des classes, nous avons compris que 2005 serait une année plus difficile au niveau du résultat. Et il fallait garder des munitions pour 2006, qui s’annonce musclée… », illustre un adhérent, sous couvert d’anonymat.

Leclerc à égalité avec Super U et Géant

Résultat, Leclerc est « englué » dans un groupe de six enseignes, toutes agglutinées entre 99,0 et 99,3 d’indice. Une concentration inédite, qui rend difficile l’établissement d’une hiérarchie claire. Une chose est sûre néanmoins, et c’est la deuxième bonne nouvelle pour Carrefour, Champion fait partie de ce pôle de challengers, alors même qu’une dérive inquiétante (101,6) avait été constatée au premier semestre. « Nous avons effectué trois vagues de baisses des prix sur les marques nationales entre avril et juin 2005, afin de nous recaler vis-à-vis de nos concurrents directs en supermarchés », confirme Thierry Garnier, le directeur exécutif de Champion. Résultat, une chute spectaculaire de 2,4 points d’indice. Du jamais vu. Bien en a pris à Champion, car ses concurrents directs ne chôment pas, effectivement. A 99,3, Intermarché reste au contact des meilleurs. Et sa performance serait encore bien supérieure si le réseau des Mousquetaires ne faisait preuve d’une telle hétérogénéité tarifaire. Quant à Super U, il confirme, pour le deuxième semestre consécutif, vouloir lutter pied à pied avec Carrefour et Leclerc. Il est même tout près de dérober sa deuxième place à Leclerc… La remarque vaut aussi pour Géant, qui fournit des efforts plus que louables pour figurer au sommet du classement depuis début 2004. La seule déception relative provient d’Auchan qui, après un très bon premier semestre (98,0), voit son indice se dégrader à nouveau (99,2). Un effet « yo-yo » maintes fois constaté dans l’enseigne nordiste par le passé…

Plus personne dans le ventre mou du classement

Evoquée lors du bilan du premier semestre, l’hypothèse voulant que deux grands groupes d’enseignes soient en train de se créer tend à se confirmer. Grosso modo, il y a ceux qui veulent et peuvent lutter à armes égales avec les meilleurs et ceux qui n’ont d’autres velléités que de limiter la casse : Cora, supermarchés Match, Atac, Casino et Monoprix. Et le fossé se creuse à vitesse grand V entre les deux groupes, au point qu’aucun distributeur n’occupe aujourd’hui le « ventre mou » du classement, autour de l’indice 100. Il y a plus de deux points d’écart entre Intermarché, le « moins bon des agressifs », à 99,3, et Cora, « le moins mauvais des suiveurs » à 101,5. Tout laisse à penser que la mise en application de la loi Dutreil ne fera qu’accentuer le phénomène dans les prochains mois. Cela n’empêchera pas, en parallèle, de nouvelles modifications de la hiérarchie dans le peloton des discounters, au vu de la surenchère constatée depuis le 1er janvier…

Marques nationales Le panier Linéaires augmente de 1,2 %

La bagarre fait certes rage, mais il serait hâtif d’en conclure que les prix ont continué de baisser au second semestre. Les produits du panier Linéaires ont augmenté de 1,2 % en moyenne sur le semestre, 73 % d’entre eux affichant une hausse plus ou moins importante. Une partie du phénomène s’explique par l’envolée de certaines références soumises à cours de matière première, notamment le café (+ 7 à 8 %). Mais on note également, ça et là, des augmentations de PVC étonnantes, par exemple dans l’ultra-frais de Danone : + 4,4 % sur la Danette chocolat x 4, + 3,8 % sur l’Actimel nature x 6, etc. La conséquence probable de tarifs revus à la hausse, côté fournisseurs, et d’un moindre « enfoncement » des SRP côté distributeurs.

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