Le marché bio Leclerc, le concept officialisé

24 octobre 2018 - A. Beautru

  • Le marché bio Leclerc

    • Tous logés à la même enseigne

      Pour son concept spécialiste du bio chargé de concurrencer Biocoop, Leclerc a retenu la marque Le marché bio Leclerc, déposée à l’INPI en février dernier. La marque Le Village Bio, elle aussi déposée par l’ACDLec, en novembre 2017, et utilisée à Saint-Paul-les-Romans (26) n’a finalement pas été conservée. D’autres initiatives avaient vu le jour sous les noms Leclerc bio et italien (Nice), La Bio Culture (Hautconcourt), Le temps du bio (Chambly), Ma Boutique Bio (Nancy), etc.

    • Le magasin de Saintes s’étend sur 400 m²

      Les prochains points de vente de l’enseigne devraient jauger entre 300 et 700 m². L’alimentaire couvre plus des trois quarts de la surface. Un espace beauté santé ainsi qu’un peu de bazar (arts de la table, articles de toilette et linge de maison) complètent l'offre.

    • Qui dit enseigne bio, dit mobilier en bois

      Au marché bio E.Leclerc de Saintes, le mobilier est intégralement composé de bois (à l’exception des frigos) originaire des Landes. Le Galec est à l’origine de la conception et a fait appel à l’entreprise auxerroise Mobil Wood pour la production. « Si Leclerc avait voulu acheter un prix uniquement, ils n’auraient pas fait appel à nous, estime Sébastien Becker, codirigeant de l'entreprise. C’est tout un écosystème qui tourne autour de Mobil Wood. Nous produisons des meubles en bois écologiques, avec un engagement sociétal fort. »

    • Le frais sous-développé

      En trad comme en LS, le frais est le parent pauvre du magasin, abstraction faite des légumes. Le linéaire frais couvre un dixième de la surface (surgelé compris). Sur l’offre trad, le fromage, la charcuterie ou la viande sont 100 % préemballés.

    • Un seul petit chariot et beaucoup de paniers

      Les ambitions de l’enseigne en matière de panier moyen sont modestes, comme le prouve notamment la surface de déchargement des trois caisses. Dans le prolongement se trouve le seul rayon en vente assistée, la boulangerie pâtisserie.

    • Référencement pointu

      Sur les 5 000 codes présents en magasin, plusieurs unités de besoin sont rares en hypermarché, comme une large gamme de produits à base d’insectes (Micronutris), de la sève de bouleau (Biofood) ou de l’argile en poudre en vrac.

    • Six personnes pour faire tourner la boutique

      Six employés ont été débauchés des concurrents spécialistes pour constituer l’équipe. Une naturopathe est ainsi présente tous les jours pour guider les clients dans leurs achats.

Mardi 23 octobre, Leclerc inaugurait à Saintes (17) son premier point de vente spécialiste bio sous enseigne officielle : Le marché bio E.Leclerc.

Après une quinzaine de pilotes nés d’initiatives individuelles ces 12 derniers mois (Hautconcourt, Dijon, Amiens, Nancy, Chambly, Nice, etc.) et sous divers noms, Leclerc tient son concept pour concurrencer Biocoop, avec une offre différente de celle en GMS. L’enseigne a révélé le modèle que devraient adopter les 40 points de vente spécialistes du bio à créer dans les mois à venir. D’ici 2023, le distributeur vise même 200 unités. « Le marché bio Leclerc constitue un nouveau levier de notre enseigne pour encourager la croissance du bio, explique Michel-Edouard Leclerc. Nos points de vente multicanaux et notre MDD, Bio Village, la seconde marque préférée des Français derrière Bjorg, seront appuyés par notre enseigne spécialisée. Le bio représente 4% de nos ventes alimentaires aujourd’hui. Nous espérons atteindre les 8% en 2022. » En hypermarché, une trentaine de magasins proposent déjà des corners bio. Ils seront plus d’une centaine en 2019.

Le bois omniprésent

A Saintes (17), à moins de 100 m du Leclerc Abbaye, l’ancien cabinet de radiologie a été rasé pour y bâtir un magasin de 400 m². Conforme donc à l’annonce de surfaces comprises entre 300 et 700 m² pour ce concept. La coque reprend les codes de l’hyper voisin, avec façade en parements de pierres blanches. Une touche de bois en plus. A l’intérieur, ce n’est plus seulement une touche, mais une vraie omniprésence du bois, constituant l’ensemble du mobilier (fournisseur Mobil Wood).

Pas de référencement national

L’entrée se fait naturellement par les fruits et légumes, en vrac. Le magasin, carré, gravite autour d’une petite zone trad où fromage charcuterie et viande sont vendus préemballé. Seule la boulangerie patisserie est en vente servie. Les futurs points de vente les plus grands devraient proposer davantage de stands. L’offre, au global, est composée de 5000 codes, tous en direct fournisseur. La nouvelle enseigne spécialisée n’a pas encore finalisé ses référencements nationaux. « Il nous reste encore 1000 à 2000 autres codes à aller chercher pour optimiser l’offre », estime Lawrence Brun, l’adhérent du Leclerc Saintes Abbaye. L’accent est mis sur le local, et l’origine France privilégiée.

A de très rares exceptions, les marques sont celles des réseaux de spécialistes. Evernat et Bonneterre dominent l’offre d’épicerie libre-service. En frais, c’est Sojade, Soy ou encore Carte Nature. Juste Bio et La panacé des plantes (marque Fructivia) alimentent près de 200 codes en vrac. Jean Bouteille est, lui, le fournisseur retenu du vrac liquide sur les boissons, huiles et lessives.

Si l’assortiment ne révèle pas encore ce que sera le catalogue de la centrale d’achat, l’absence des grandes marques nationales et de la MDD semble actée. « Nous voulons permettre aux petits producteurs d’émerger par rapport aux grandes multinationales qui font aussi du bio », explique Michel-Edouard Leclerc. Lors de l’inauguration, le dirigeant n’a pas cessé de rassurer l’auditoire sur ses bonnes intentions. Mais il a quand même parlé prix. « Nous voulons respecter les codes et la valeur du bio, confie-t-il. Mais ce n’est pas parce que les prix à l’achat sont 30% supérieurs qu’il faut appliquer une marge de 60%. »

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