Carrefour accusé de négligence sur du « travail forcé » en Arabie Saoudite
Publié :
Modifié :
Auteur : Frédéric Carluer-Lossouarn
Mauvaise publicité pour Carrefour. Ce 21 octobre, Amnesty international a publié un rapport au vitriol dénonçant l’exploitation de migrants travaillant dans des magasins sous enseigne Carrefour en Arabie Saoudite. C’est en fait le groupe Majid Al Futtaim, franchisé Carrefour au Moyen-Orient, en Afrique, dans le Caucase et en Asie centrale, qui exploite les magasins Carrefour en Arabie saoudite. Mais la presse nationale française a largement repris les accusations d’Amnesty international, qui rejaillissent donc sur le distributeur français.
" Les travailleurs migrants (Indiens, Népalais, Pakistanais) employés par le groupe Carrefour en Arabie saoudite vivent un enfer : plus de 16 heures de travail par jour, interdiction de prendre des jours de repos, hébergement dans des logements insalubres... une exploitation qui s’apparente à du travail forcé. C’est ce que nous révélons dans notre nouveau rapport "J’allais travailler la boule au ventre"", accuse l’ONG.
" En plus de travailler dans des conditions d’une grande pénibilité, ces travailleurs ont été régulièrement sous-payés. Certains ont dû marcher plus de 20 kilomètres par jour et travailler 60 heures par semaine, parfois jusqu’à 16 heures par jour. " Amnesty international dénonce aussi des hébergements insalubres et surpeuplés.
Un "devoir de vigilance"
Dans son rapport de 50 pages, Amnesty international cite les témoignages de migrants salariés malmenés : " Anand a travaillé dans un magasin carrefour en Arabie saoudite en tant que préparateur de commandes dans un entrepôt. « Ils n’arrêtent pas de dire “allez, allez”. Ils nous attrapent par le t-shirt pour nous faire travailler plus vite. » " Un autre salarié, Baburam, a témoigné : " C’était dur de travailler aussi longtemps. Le responsable ne me laissait pas partir […] Il disait : “Termine la commande, et après tu pourras partir.” Si nous ne travaillions pas 15 heures, il disait : “Je vais te renvoyer. Je ne te paierai pas tes heures supplémentaires "".
Carrefour accusé de négligence sur du « travail forcé » en Arabie Saoudite