Résultats 2019, acquisitions : Lactalis en chiffres

5 juin 2020 - Agathe Lejeune

2019 est une année record pour le groupe Lactalis : 20 milliards d’euros de chiffre d’affaires et neuf acquisitions à travers le monde. Les perspectives pour 2020 sont plus modérées. Et le prix du lait devrait souffrir des effets de la crise économique à venir.

 

Crédit: Elodie Gregoire

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C’est, en milliards d’euros, le chiffre d’affaires 2019 de Lactalis, soit une progression de 8% en un an (croissance organique et acquisitions). « Il y a dix ans, notre objectif était d’atteindre 20 milliards d’euros. Nous avons un an d’avance », se félicite Emmanuel Besnier, le PDG. Contrairement à l’année dernière, les résultats n’ont pas été impactés par les effets de change (voir tableau).

Pour autant, crise sanitaire oblige, les perspectives pour 2020 pourraient se révéler moins optimistes. L'industriel a été touché très tôt par le covid-19 et le reste encore dans certaines zones du monde où le virus sévit toujours.

En 2019, Lactalis a investi 600 M€ dans ses outils industriels, dont 200 M€ en France. « Nous avions un budget investissement en hausse pour 2020, puisque notre périmètre s’est élargi. Mais compte tenu du contexte, nous l’avons modéré. »

 

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C’est le nombre… d’acquisitions du groupe en 2019 ! L’année la plus importante en termes d’investissements de croissance externe. Le chiffre d'affaires de ces rachats s'élève à 1,5 Md€. Lactalis s'est notamment emparé de la division fromages de Kraft Heinz au Canada (375 M€ de CA) ou d'Itambé au Brésil (600 M€ de CA). Le Mayennais devient ainsi le leader des produits laitiers au Brésil avec 1,1 Md€ de chiffre d’affaires en 2019. Le groupe compte aussi désormais Ehrmann aux États-Unis, Greenland en Égypte ou encore la branche lait de Nestlé en Ouzbékistan. De quoi aussi alourdir la dette. « Nous réinvestissons tout le cash flow dans le groupe. Nous avons donc une capacité à nous désendetter plus importante que d’autres entreprises », assure Emmanuel Besnier.

La France reste le pays numéro 1 en termes de business, devant l’Italie, le Canada et l’Espagne. En Europe (56% du CA), Lactalis connaît la plus forte progression des industriels de l'alimentaire sur les dix dernières années (+ 11,4 Mds€ par rapport à 2009) devant Danone (25,3 Mds, + 10,3 Mds€) et Heineken (23,3 Mds à + 8,6 Mds€) (Source : RIA).

 

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C’est, en millions d’euros, le revenu supplémentaire versé par Lactalis aux éleveurs laitiers en 2019 dans le monde. « Fin 2018, nous nous étions engagés à reverser 100% de nos augmentations tarifaires aux producteurs et ce fut le cas », assure le PDG. En trois ans, la hausse du prix payé aux éleveurs a été de 20% en France. « L’an dernier, nous avons mieux rémunéré que les coopératives qui font à peu près le même métier que nous, et même que certaines entreprises ne produisant que des PGC. »

 

Lactalis est le troisième collecteur mondial (20 Mds de litres par an dont plus de 5 Mds en France). Cette année, la crise du coronavirus risque de pénaliser la rémunération des éleveurs. Rappelons que les négociations avec la grande distribution ne portent que sur les PGC. Le reste du lait collecté, soit la moitié des volumes environ, est soumis au cours mondial et par définition très volatile.

Les cours mondiaux de la poudre de lait ont d’ores et déjà chuté de 30% et le prix payé aux éleveurs en sera forcément impacté. « Nous verrons en 2020 si l’ensemble de la filière joue le jeu de cette préservation des marchés français par rapport à un prix moyen qui peut évoluer différemment », déclare Emmanuel Besnier.

 

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