Covid-19 : la production d'œufs suit, mais pas les emballages

16 avril 2020 - Agathe Lejeune

Les commandes magasins continuent d’augmenter de 30% mais les rayons sont vides. Les centres de conditionnement ont du mal à suivre la cadence et une pénurie d’emballages se profile. Le point avec Pascal Lemaire, le PDG de Cocorette.

 

Le rayon œufs est toujours à la peine, même après un mois de crise sanitaire. Pourquoi ?

Les linéaires continuent de se creuser et nous en sommes conscients. Mais soyons clairs, il n’y a pas de pénurie d’oeufs. Nous avons des outils adaptés pour faire face à la crise et nous récupérons la production destinée à la restauration hors foyer. Reste qu’en temps normal, 130 millions d’œufs sont vendus par semaine en GMS. Aujourd’hui, les commandes de magasins augmentent de 30%. Même si les centres de conditionnement arrivent à fournir 20% de plus que d’ordinaire, un delta de 10% occasionne les ruptures actuellement.

 

Les ruptures risquent donc de durer, le temps de la crise du moins.

La situation devrait revenir à la normale après le 11 mai. En revanche, nous allons très vite manquer d’emballages car nous n’avons que trois fournisseurs pour toute l’Europe. Or le constat est identique chez nos voisins. En principe, le délai de livraison est de trois semaines. Nous atteignons sept à huit semaines désormais. Les boîtes de 6 et de 12 notamment vont rapidement faire défaut.

 

On imagine les clients moins regardants sur l’origine des œufs en ce moment…

Il est certain que devant le rayon clairsemé, les clients habitués aux références bio ou plein air se rabattent sur la cage. D’autant que les œufs destinés au circuit RHF sont principalement de code 3. Mais je retiendrai de cet épisode que la crise a donné l’envie de cuisiner à une génération entière !

 

Faites-vous partie des entreprises qui verseront la prime de 1000 € ?

Nos équipes prennent le risque de venir travailler et cela fait maintenant quatre semaines que le rythme est très soutenu. Nous avons observé 10 à 15% d’absentéisme à l'annonce du confinement, essentiellement pour garde d’enfant. Les choses sont revenues dans l'ordre. Chez Cocorette, nous avons mis en place des mesures incitatives et versons une prime « covid » tous les 15 jours, en plus du paiement des heures supplémentaires effectuées. 

 

Ce contexte inédit met-il les producteurs en difficulté ?

Environ 10% de nos éleveurs, pourtant contractualisés, ont cru bon de livrer jusqu’à 40% de leurs œufs en direct aux magasins. Or nous avons besoin de faire tourner nos outils industriels sur lesquels les normes de qualité et d’hygiène sont drastiques. Mais globalement, pour la majorité des producteurs, le quotidien n’a pas été bouleversé. En dehors du fait que les constructions de nouveaux bâtiments sont à l’arrêt.

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