Partisans du goût : visite du nouveau concept frais d'AuchanSuper
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- Auteur : P. B.
Une nouvelle petite planète dans la galaxie Mulliez. Avec Partisans du goût, le distributeur nordiste a mis sur orbite un concept de proximité haut de gamme 100 % frais. Il doit sa naissance à la création du premier Chronovillage à Halluin (59), piloté par le groupe Auchan. Une idée lumineuse qui consiste à adosser plusieurs cellules commerciales à un Chronodrive, afin de permettre au client de compléter ses courses « fond de placard » par des achats plaisir.
Si le boulanger Paul et le caviste Nicolas ont rempli la mission pour le pain et le vin, Auchan a souhaité prendre en charge l’avitaillement frais. Directeur du projet, Didier Vassal n’a eu que 10 mois pour imaginer et concevoir Partisans du goût.
Sur une surface de 539 m², le magasin propose une offre qualitative de près de 3 000 références, dont 75 % en frais et 25 % en épicerie fine. Pas de mobilier haut ni de signalétique pour entraver la vue, dès l’entrée, le client embrasse l’intégralité du point de vente.
15 références de tomate
La décoration est sobre mais raffinée : aplats de couleurs sur les murs (rouge pour la boucherie, etc.), immenses photos pour illustrer les différents rayons, ardoises utilisées aux fruits et légumes. Le mobilier et le carrelage de couleur foncée, les 70 lampes suspendues participent à l’ambiance chaleureuse.
Dans la lignée de Grand Frais et consorts, l’enseigne fait la part belle aux fruits et légumes. Dépotés à la main, ils occupent trois immenses tables basses de 15 m de long et d’un mètre de large, plus deux meubles dotés de brumisateurs qui ceinturent le fond du magasin.
Ici, on ne mise pas sur la masse, mais sur le choix et la qualité, comme chez le primeur : pas moins de 15 références de tomates, 13 variétés de pommes, 10 codes de pommes de terre ou encore 8 sortes d’oignons.
Le responsable du rayon met un point d’honneur à faire déguster ses fruits et à faire découvrir les légumes oubliés. Le radis noir côtoie le topinambour, la betterave crapaudine ou encore l’helianti. Une partie de l’offre est utilisée par le stand de fraîche-découpe pour la confection de jus de fruits frais et d’une 4ème gamme « maison ».
Un mois à la ferme
Au rayon fromage, l’assortiment est aussi pléthorique : 160 références, réparties sur trois meubles spécifiques, avec service par l’avant. Idem pour la boucherie-charcuterie, autre élément phare du concept. L’essentiel de l’offre est vendu à la coupe et tous les produits élaborés sont préparés par les quatre bouchers qui s’activent derrière le comptoir.
La viande de bœuf est exclusivement de race charolaise, tandis que la volaille est présentée sur lit de glace, comme à l’ancienne. « Les produits se dessèchent moins vite qu’en meuble réfrigéré », assure Didier Vassal.
Si le « maraîcher » et les bouchers ont plus de vingt ans d’expérience dans leur métier, les trois jeunes « crémières » ont passé un mois dans les fermes de leurs fournisseurs locaux pour tout connaître sur le fromage, le beurre et les yaourts. De la fabrication jusqu’aux techniques de coupe.
Bien que dans le giron de Simply Market, Partisans du goût n’en reste pas moins autonome sur ses approvisionnements. Environ 35 % de l’assortiment provient de la région. La crémerie, le traiteur et la saurisserie LS (quiches, tartes, saumon fumé) sont les mieux pourvus en la matière. Partout, les grandes marques sont bannies au profit de petits fournisseurs.
Ouvert le 19 octobre dernier, le magasin affiche un panier moyen de 30 €. « Cela monte parfois jusqu’à 150 euros, mais notre volonté est d’être accessible à tous. Notre offre et nos prix ne sont pas élitistes », insiste Didier Vassal. Afin de limiter ses coûts, l’enseigne a d’ailleurs opté exclusivement pour des caisses automatiques (7 au total), sous la responsabilité d’une hôtesse.
Si la duplication n’est officiellement pas encore à l’ordre du jour, le patron du projet imagine néanmoins une déclinaison possible sur un format plus grand, qui inclurait alors un stand poissonnerie. Le magasin ne serait pas forcément adossé à un Chronodrive. « Partisans du goût aurait toute sa légitimité en centre-ville », plaide Didier Vassal. Nous voilà prévenus