Résultats 2020 : Casino résiste grâce à la proximité en France

25 février 2021 - Yves DENJEAN

Le groupe dirigé par Jean-Charles Naouri a réalisé l’an dernier dans l’Hexagone un chiffre d'affaires de 17,2 milliards d'euros en hausse de + 3,2 % à magasins comparables hors essence. Bien orientés, Franprix, les enseignes de proximité ainsi que les supermarchés sauvent l’exercice plombé par Géant Casino qui reste dans le rouge.

Une performance en demi-teinte ! Le groupe Casino enregistre en France une dynamique commerciale contrastée à la lecture des résultats 2020. L’an dernier, l’activité « France retail » (hors Cdiscount) a vu son chiffre d’affaires chuter de -6,8 % à 15,2 milliards d’euros. À magasins comparables, hors essence et effet calendaire, le distributeur présente toutefois des résultats positifs avec une croissance de + 3 %.

Franprix en grande forme

Le contexte de crise sanitaire a clairement profité à Franprix. Son CA de 1,5 Md€ a bondi de + 7,1% en comparable. Même satisfaction pour l’activité proximité (+10,3%), un circuit prioritaire pour le distributeur. « Nous comptons ouvrir près de 300 magasins sur des modèles comme Franprix, Naturalia, Monop, Casino Shop, Vival ou Spar qui fonctionnent très bien, explique David Lubek, directeur financier du groupe Casino. Cela se fera essentiellement via des franchisés. » Pour leur part, les supermarchés Casino ont gagné +6,1% suivant ainsi la croissance de l'alimentaire l’an dernier.

Monoprix en dedans

À l’inverse, Monoprix n’a pas réellement suivi cette tendance avec une hausse de seulement +1,6 % en comparable. « L’enseigne a été pénalisée par des fermetures de points de vente liées à la crise et à des rénovations, souligne David Lubek. Elle devrait afficher de meilleures performances en 2021. »

Le talon d’Achille de Casino en France reste indiscutablement son enseigne d’hypers. En 2020, le CA de Géant Casino a dégringolé au global de -16,7% en raison d’un effet parc défavorable dû à la cession de 17 hypers en 2019. Même à magasins comparables et contrairement à Carrefour, les hypers sont restés dans le rouge avec un CA en repli de -2,2% l’an dernier. Les ventes alimentaires ont baissé de -1,5% (2,6 Mds€) tandis qu’elles se sont effondrées dans le non-al : -7,4% à 427 M€. Le directeur financier du groupe Casino met toutefois en exergue que ses hypers « ont retrouvé un niveau de rentabilité positif au niveau du résultat opérationnel courant. » 

+ 67 % pour le e-commerce alimentaire

Sans surprise, la partie e-commerce alimentaire (hors Cdiscount) affiche une dynamique exceptionnelle : + 67 %. Sur cette activité, le distributeur affiche ses ambitions sur « des modèles structurellement rentables » tels que le déploiement de la livraison à domicile et le click and collect depuis des formats urbains de proximité. Casino mise surtout sur la montée en puissance de l’entrepôt O’logistique et de sa technologie Ocado. Les commandes passées via Monoprix Plus ont grimpé de +85% entre le 3e et le 4e trimestre 2020. En revanche, le drive n’est pas une priorité aux yeux des dirigeants de Casino. « Ce service proposé en hypers et supers permet d'augmenter la saturation des capacités des magasins et l’objectif est d’être neutre en coûts variables », précise David Lubek.

En parallèle, Cdiscount a vu son volume d’affaires progresser de +8,6% porté par l’expansion de la marketplace. En propre, la filiale online de Casino a dépassé la barre des 2 Mds€ de CA en hausse de +3,6%.

 

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