Quelle est la rentabilité des indépendants et franchisés ?

8 novembre 2011 - F. Carluer-Lossouarn

Pour la cinquième année consécutive, Linéaires vous livre en exclusivité le palmarès de la rentabilité des indépendants et franchisés, en partenariat avec la Coface. Premier constat, les marges ont nettement augmenté en 2010, remontant à 1,10 % contre 0,71 % en 2009. Les enseignes d’indépendants (Leclerc, Intermarché, U) font globalement mieux que les franchisés. Leader Price a payé cash son trou d’air.

Sur une base solide de 1 900 bilans disséqués par Linéaires, en partenariat avec la Coface, un constat s’impose : la rentabilité des indépendants et franchisés s’est globalement améliorée en 2010. Toutes enseignes confondues, le taux de rentabilité nette est remonté à 1,10 % contre 0,71 % en 2009. La courbe baissière s’est infléchie, renouant avec le niveau atteint en 2007.

Outil d’analyse plus proche de l’activité réelle d’un magasin, moins susceptible d’être enjolivé par des tours de passe-passe comptables, le résultat d’exploitation fait la même grimpette. Il ressort à 1,43 % en 2010 (+ 0,42 point).

1,9 % pour Leclerc en 2011

Ces évolutions sont à mettre en rapport avec les bonnes performances des enseignes d’indépendants comme Système U ou Leclerc. « Nos gains de part de marché ont eu pour effet d’augmenter notre masse de marge tout en écrasant le poids relatif de nos charges », explique Michel-Edouard Leclerc. Les ex-Champion ont aussi bénéficié d’un regain d’attractivité en passant Carrefour Market. Le train de changement d’enseigne est maintenant passé mais l’enseigne reste sur un bon tempo selon le distributeur. « En septembre, la part de marché de Carrefour Market à parc comparable a augmenté de 0,1 point et de 0,2 point pour nos franchisés, souligne Alexandre Falck, directeur exécutif supermarchés France chez Carrefour. En année 3, le rythme de croissance du chiffre d’affaires de nos franchisés Carrefour Market est supérieur à celui des magasins intégrés ». Les nouvelles enseignes U Express, Carrefour City et Carrefour Contact ont aussi amplifié le regain d’intérêt des Français pour la proximité.

Dans le détail, côté hypers et supermarchés, Leclerc décroche le pompon de la meilleure rentabilité nette avec 1,83 % en moyenne en 2010 et un taux de rentabilité d’exploitation dépassant les 3 %. Leclerc conteste toutefois une augmentation de 0,46 point de sa rentabilité nette. « La rentabilité de nos adhérents n’a pas évolué de façon significative depuis trois ans, insiste Michel-Edouard Leclerc. Elle se situe entre 1,70 et 1,95 % et nous devrions terminer 2011 autour de 1,9 % ». L’écart avec ses poursuivants pourrait se réduire cette année, l’enseigne ayant volontairement tardé à répercuter les hausses de tarifs des fournisseurs.

Derrière Leclerc, Intermarché fait une belle remontée, à 1,62 % de rentabilité nette en 2010. Super U/Hyper U suit à 1,38 %. Les performances des U restent toutefois meilleures en masse de marge nette par magasin et en rentabilité d’exploitation. En moyenne, un Super U « crache » 284 000 € de bénéfice net, 22 % de plus qu’un Intermarché. Leclerc évolue dans une autre sphère, avec près d’1 million d’euro de résultat net par magasin.

Leader Price dans le rouge

Les franchisés Carrefour Market restent distancés, à 0,57 % de marge nette en 2010. L’enseigne sort néanmoins de la zone rouge et fait son meilleur score depuis 2003 (Champion à l’époque). Carrefour Market, qui conteste une rentabilité négative pour ses franchisés en 2009, évoque un taux se situant entre 0,6 et 1 % pour 2010, en progression. « Le plan d’amélioration des marges de nos franchisés porte ses fruits. Leur rentabilité va encore augmenter », se félicite Alexandre Falck.

Côté proximité, Carrefour City et Carrefour Contact ressortent à environ 0,50 % de rentabilité nette en 2010, loin des excellentes performances de U Express/Marché U (1,87 %) ou Franprix (1,86 %). Carrefour Proximité, qui ne confirme pas ces chiffres, pointe l’impact du chantier de convergence d’enseignes sur l’activité des magasins et met en avant un objectif de 2,0 % à 2,5 % pour City et 1,5 % à 2,0 % pour Contact.

Si la performance de Franprix est en baisse, elle reste très enviable pour les franchisés Leader Price. Le record de 3,60 % de rentabilité nette en 2004 pour Leader Price semble bien loin. En moyenne, sur la base des comptes déposés par les franchisés, l’enseigne a affiché un déficit net de 1,21 % en 2010.


Méthodologie

Sur la base de données fournies par la Coface, laquelle regroupe les comptes officiellement déposés auprès des greffes de tribunaux, Linéaires a analysé 5 500 bilans d’entreprise de distribution, indépendantes ou franchisées. Les groupes affiliés (Guyenne et Gascogne, Schiever, etc.) sont exclus du champ de l’étude. Les moyennes de rentabilité communiquées par enseigne correspondent à la moyenne des résultats de chaque magasin, exprimés en pourcentage du CA HT (avec carburant). Par nature, seules les entreprises publiant leurs comptes sont prises en considération. Les exercices de plus ou de moins de 12 mois sont écartés. Au total, 1 866 bilans 2010 et 3 766 bilans 2009 ont été disséqués.


Pour aller plus loin

A lire dans le numéro de novembre de Linéaires :

- Le palmarès de la proportion de magasins déficitaires par enseigne.

- Zoom sur cinq enseignes : Leclerc, Super U, Intermarché, Leader Price et Carrefour Market.

- Interview : Gérard Dorey, directeur exécutif proximité du groupe Carrefour

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