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Pourquoi Obama aime-t-il autant Costco ?

  • Publié :
  • Modifié :
  • Auteur : B. Merlaud

En France, les hommes politiques affichent une hostilité ouverte envers la grande distribution.

Aux Etats-Unis, le président Obama ne tarit pas d'éloges, au contraire, envers l'enseigne Costco. Au point même d'organiser ce 29 janvier une visite officielle en magasin.

Autant dire que pour Costco, dont les tentatives de s'installer en France viennent d'être repoussées par deux fois, l'Hexagone doit paraître un pays froid et hostile…

Aux Etats-Unis, le distributeur a su s'attirer le soutien sans faille de Barack Obama en particulier, de la gauche américaine en général. Deux articles, publiés cette semaine sur les sites du Wall Street Journal et du Washington Post , reviennent sur les raisons d'un tel attachement.

Primo , les dirigeants de Costco sont de fidèles donateurs du parti démocrate. Ils ont participé au financement des deux campagnes présidentielles de Barack Obama. Jim Sinegal, co-fondateur et ancien patron de Costco, est monté sur scène lors de la convention nationale du parti en 2012. On imagine mal, en France, une situation similaire (sans parler des questions de financement).

Secundo , Barack Obama aime saluer en Costco l'Amérique qui gagne. Mais pas n'importe laquelle : Costco a su associer ses employés à son développement. Le distributeur verse des salaires 65% plus élevés que ceux de Walmart (rapportés à l'heure travaillée) et ne fait pas la guerre aux syndicats. Un modèle idéal pour la gauche, même américaine.

Aux Etats-Unis, il existe d'ailleurs une vraie dichotomie entre le "gentil" Costco et le "méchant" Walmart. Ce dernier venant d'annoncer la suppression de 2300 emplois dans ses clubs entrepôts Sam's Club (concurrents directs de Costco), son image sociale ne va pas s'améliorer.

En France, aucune enseigne n'a encore vraiment marqué de points sur le terrain de la rémunération ou des conditions de travail. Difficile de se débarrasser de la mauvaise réputation qui colle à la peau de la grande distribution. Mais pas impossible.

Tertio , enfin, Barack Obama cite souvent Costco pour plaire aux classes moyennes. Pour montrer qu'il est proche des préoccupations des Américains ordinaires, ceux qui lui préféraient Georges W. Bush et qui ne voient en lui que le diplômé de Harvard, fréquentant l'élite intellectuelle du pays. Même si Costco, au passage, est surtout une enseigne de banlieues prospères, tandis que Walmart est implanté en milieu rural et dans les quartiers populaires.

En France, la grande distribution a beau s'être forgé une réputation flatteuse sur les questions de pouvoir d'achat, elle n'arrive pas pour autant à s'attirer les bonnes grâces des élus. Nicolas Sarkozy a joué cette carte de façon assumée dans sa politique, mais il a toujours pris soin, dans les médias, de souffler le chaud et le froid sur la profession.

La leçon de Costco mérite pourtant d'être méditée. Le distributeur cherche à s'implanter en France : attendre pour voir s'il va réussir à mettre des élus dans sa poche n'est sans doute pas la meilleure tactique de défense.

Quand on se rappelle les discours enthousiastes d'Arnaud Montebourg accueillant un nouvel entrepôt d'Amazon, on se dit que les Américains apprennent finalement vite les codes de la politique nationale.

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