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Les faiblesses de l'ère Plassat

  • Publié :
  • Modifié :
  • Auteur : B. Merlaud
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En présentant son plan de transformation du groupe, Alexandre Bompard ne s'est pas privé de pointer les faiblesses que son prédécesseur n'a pas su corriger.

"Carrefour a tardé à adapter sa stratégie aux mutations profondes du marché, a appuyé le PDG. Le digital ne nous a pas permis de nous rapprocher de nos clients, comme le montre notre échec dans le drive."

500 projets abandonnés

"Pour regagner en efficacité, nous devons mettre fin à la dispersion de l'entreprise, a enchaîné Alexandre Bompard. À mon arrivée, Carrefour croulait sous une multitude de projets. Trop nombreux, ils ne répondaient pour la plupart à aucune attente de nos clients. Nous avons choisi d'en abandonner 500. Nolim, sur les marchés du livre numérique et de la vidéo à la demande, est un exemple emblématique."

"Notre base de coûts est insoutenable sur le long terme et à court terme elle nous empêche de nous adapter" , a poursuivi le dirigeant. "Nous devons supprimer des foyers de pertes massifs : c'est le cas d'une partie du parc des magasins ex-Dia en France. Pour un grand nombre d'entre eux nous n'avons pas su trouver le modèle adapté à leur zone de chalandise. Le résultat est sans appel : nous avons perdu 150 millions d'euros en résultat opérationnel en 2017 et il en ira de même cette année si nous n'agissons pas."

Verdict : 273 magasins supplémentaires seront fermés ou cédés si un repreneur est trouvé. L'enseigne Contact Marché (bricolage low cost de Carrefour Contact pour les sites où seul un hard discount était pertinent) est abandonnée. Carrefour avait acheté 800 points de vente Dia en 2014. Il n'a cessé depuis d'en céder ou d'en fermer, et ne conservera au final que "300 magasins pertinents" .

50 millions d'euros pour Villiers-en-Bière

"Nos investissements vont devenir sélectifs, a ajouté Alexandre Bompard. Nous mettrons fin aux grands remodelings disproportionnés. À Villiers-en-Bière, par exemple, Carrefour a investi 50 millions d'euros mais le chiffre d'affaires n'a progressé que de 5%. Cela n'existera plus."

Voilà pour le bilan de l'ère Plassat. Pour mémoire, à son arrivée en 2012, l'ancien PDG n'avait lui non plus pas été tendre avec son prédécesseur, considérant que le groupe Carrefour était devenu "un canard sans tête" .