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Etrillé par Libération, GBH se défend sur ses marges

Accusé par Libération de "profits suspects", de "marges exorbitantes" et d’"entorses à la concurrence", le groupe Bernard Hayot, affilié Carrefour et Casino Outre-Mer, est sorti de sa discrétion habituelle pour se défendre. En décembre, son président, Bernard Hayot, s’était déjà longuement exprimé dans le magazine Antilla , une première pour ce patron à la parole très rare dans les médias.
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  • Modifié :
  • Auteur : Frédéric Carluer-Lossouarn
GBH Carrefour Martinique
Photo : Linéaires.
Dans un article du 9 janvier intitulé "Vie chère aux Antilles : les profits suspects du Groupe Bernard Hayot en outre-mer", le quotidien Libération étrille le master franchisé Carrefour et Casino aux Antilles et dans l’Océan indien. " Marges exorbitantes, opacité financière, entorses à la concurrence… Alors que le géant GBH est pointé du doigt dans la crise sociale contre la vie chère aux Antilles, «Libération» a pu consulter des dizaines de documents internes qui mettent en lumière l’ampleur de ses bénéfices réels. Très loin des discours officiels ", écrit le quotidien qui s’est notamment appuyé sur des informations fournies par un ex-cadre du groupe GBH .

Habituellement très discret, le conglomérat (concessions automobiles, grandes surfaces, agroalimentaire, béton, etc.) n’a pas tardé à réagir. Le 10 janvier, le groupe basé à Fort-de-France en Martinique a publié un communiqué réfutant ces attaques : " Les récents articles publiés par Libération ont clairement pour objectif de déstabiliser notre groupe. Ils s’appuient sur nos détracteurs habituels et un ancien salarié qui nous dénigre et nous diffame dans un esprit de vengeance. Ces attaques instrumentalisent notre groupe. Elles sont infondées et approximatives, sans considération pour nos salariés, nos clients et nos fournisseurs ".

"Des marges très comparables à celles dans l’Hexagone"

GBH réfute les accusations sur sa position de domination économique dans les Dom-Tom : " Le marché de la grande distribution dans les territoires d’Outre-Mer met en concurrence de nombreux acteurs. GBH n’y est en aucune manière en position dominante. "

Bernard Hayot
Bernard Hayot, fondateur et président du groupe GBH. Photo : GBH.
Le conglomérat affirme par ailleurs que ses marges " sont très comparables à celles pratiquées dans l’Hexagone ". Déjà, dans une - rare - interview fleuve accordée le 18 décembre dernier au média Antilla , Bernard Hayot, le PDG du groupe qu’il a fondé en 1960, s’était défendu pied à pied : " Dans les hypermarchés notre bénéfice net est de 1,5 à 2,5 % du chiffre d’affaires en fonction des magasins. Certaines critiques souvent mal intentionnées affirment qu’une part importante de nos résultats reposent sur des structures amont. Cette affirmation est évidemment fausse. Seulement 30% de nos achats sont importés directement par nous et transitent par nos entrepôts. Ces structures qui ne traitent qu’une petite partie de nos achats ont pour principal objectif de garantir les prix les plus compétitifs à nos magasins. À l’inverse, nos concurrents qui ne disposent pas de ces structures amont sont contraints de passer par des sociétés indépendantes quelquefois plus coûteuses et ne sont pas en mesure de proposer des prix en magasin plus compétitifs que les nôtres. "

Le coût de l’acheminement

Pour le groupe martiniquais, " le problème de la vie chère est bien antérieur à l’existence de GBH et trouve son origine dans une problématique structurelle : l’éloignement (…). Nous restons mobilisés pour contribuer à trouver des solutions pour faire baisser les prix et combattre la vie chère ".

GBH Carrefour Martinique 2
Photo : Linéaires.
Dans son interview pour Antilla , Bernard Hayot fournit plus d’arguments sur les coûts d’acheminement, par bateau ou par avion : " La cherté du coût de la vie (aux Antilles) est essentiellement due à l’éloignement des sources d’approvisionnement. Les coûts d’acheminement représentent souvent plus de 50% de la valeur du produit surtout lorsque dans l’alimentaire, il s’agit de produits de première nécessité dont la valeur est faible et le volume important. C’est le cas des pâtes alimentaires. C’est le cas de l’eau. Et de bien d’autres produits de consommation courante. (…) Ceux qui minimisent le facteur éloignement et le coût des frais d’approche mentent à la population. Leur objectif est de crédibiliser le fait que les distributeurs s’enrichissent indûment. "
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