Carrefour se prend les pieds dans le tapis du Mercosur
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Auteur : Frédéric Carluer-Lossouarn
Pour un distributeur présent à l’international, la communication est une arme délicate à manier. Carrefour en fait les frais aujourd’hui avec l’affaire de la viande du Mercosur. Le 20 novembre dernier, par la voix directe de son PDG Alexandre Bompard, le distributeur s’était engagé à ne pas s’approvisionner en viandes provenant d’Amérique du Sud pour le marché français, ce alors que l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur fait office de chiffon rouge pour le monde agricole.
" Partout en France, nous entendons le désarroi et la colère des agriculteurs face au projet d’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur et au risque de débordement sur le marché français d’une production de viande ne respectant pas ses exigences et ses normes. En réponse à cette inquiétude, Carrefour veut faire front commun avec le monde agricole et prend aujourd’hui l’engagement de ne commercialiser aucune viande en provenance du Mercosur (…) quels que soient les prix et les quantités de viande que le Mercosur sera conduit à nous proposer ", avait-il expliqué dans une lettre ouverte adressée à Arnaud Rousseau, président de la FNSEA.
"Nous connaissons les normes que respecte la viande brésilienne"
Sauf que cet engagement, applaudi de ce côté-ci de l’Atlantique, a suscité un vent de colère chez les éleveurs, industriels et exportateurs de viande brésilienne et même un appel au boycott des magasins Carrefour brésiliens et la suspension des livraisons de viande.
Ce 26 novembre, Carrefour a donc dû préciser sa position pour tenter d’éteindre l’incendie en Amérique du Sud : " Notre déclaration de soutien au monde agricole français formulée mercredi dernier au sujet de l’accord de libre-échange avec le Mercosur a suscité au Brésil des désaccords qu’il est de notre responsabilité d’apaiser. (…) La décision de Carrefour France ne vise pas à changer les règles d’un marché français déjà très largement structuré sur ses filières d’approvisionnement locales. Elle assure légitimement les agriculteurs français, plongés dans une grave crise, de la pérennité de notre soutien et de nos achats locaux. "
Carrefour se prend les pieds dans le tapis du Mercosur