L’agriculture française redresse ses résultats

11 juillet 2022 - Benoît MERLAUD

Les prix agricoles ont progressé en moyenne de près de 9% en 2021, alors que le coût des consommations intermédiaires augmentait de seulement 3%. Dans le détail, néanmoins, ce sont surtout les filières céréalières qui profitent des hausses. 

L’agriculture française redresse ses résultats

"Le résultat brut de la branche agricole s’améliore", se félicite la FNSEA à la lecture des comptes provisoires du secteur pour 2021, publiés par l’Insee. Le syndicat ajoute aussitôt, néanmoins : "Ce rattrapage par rapport à 2020 provient surtout de l’amélioration conjoncturelle des rendements et des prix de vente des grandes cultures. Les autres filières ont des résultats plus mitigés, mais toutes sont confrontées à l’explosion de leurs charges d’exploitation".

L’amélioration du résultat global de l’agriculture française repose à la fois sur la hausse des prix moyens payés à la production (+8,6%) et sur une augmentation plus maîtrisée du coût des consommations intermédiaires (+3,3%). Si les prix de l’énergie (+21%) et des aliments pour animaux (+12%) s’envolent, ceux des engrais et des produits phytosanitaires sont en effet à la baisse (-1%). 

L’Insee estime pour 2021 que la valeur ajoutée brute dégagée par l’agriculture, après subventions et impôts de production, progresse de +11,8%. Un résultat qui dépend plus de la conjoncture des marchés que des négociations commerciales avec la grande distribution, même s’il est incontestable qu’Egalim2 a mis de l’huile dans les rouages. 

À titre de comparaison, cette valeur ajoutée brute avait reculé de -2,6% en 2020 et de -4,6% en 2019. 

Moins de hausses pour les productions animales

Dans le détail, les filières oléagineux-protéagineux et céréales sont celles qui enregistrent les plus fortes hausses de prix : respectivement +43% et +29% (après déjà +12% pour les deux en 2020). 

Les productions végétales dans leur ensemble sont davantage valorisées, à l’image du vin (+8%), des fruits (+11%) ou encore des légumes et pommes de terre (+5%). Notamment en raison des aléas climatiques traversés l’an dernier. 

Les productions animales, à l’inverse, ont un peu plus de mal à faire passer des hausses de tarif : +2% pour le bétail (et même -4% pour le porc), +4% pour le lait, +6% pour les volailles et œufs. 

Au global, le chiffre d’affaires dégagé par les filières végétales progresse de 12% l’an dernier, tandis que celui des filières animales se contente d’un peu moins de 2% de croissance. 

 

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