Tous les rayons “non essentiels” seront fermés dès mardi

2 novembre 2020 - Jacques Bertin

Pressé par la fronde des petits commerçants et des enseignes spécialisées qui dénonçaient une distorsion de concurrence, le Premier ministre Jean Castex a annoncé la fermeture des rayons “non essentiels” en GMS. Un décret précisera aujourd’hui la liste des produits visés par cette mesure qui entrera en vigueur ce mardi.

Les commerces contraints par le confinement de baisser le rideau (librairies, fleuristes, boutiques d’habillement, de jouets, etc.) voulaient obtenir le droit de rouvrir. Cette fronde, pointant une forme d’inéquité entre leur sort et celui des GMS, n’aura abouti qu’à la fermeture des rayons considérés comme “non essentiels” au sein des grandes surfaces.

Respect du confinement oblige, Jean Castex a arbitré en défaveur de l’ensemble des acteurs ce week-end, annonçant dimanche soir sur TF1 que les produits qui sont d'ores et déjà interdits dans les commerces de proximité seront également prohibés dans les grandes surfaces.

Une perte de 6 à 10% de CA en supers

Cette mesure, déjà anticipée par de nombreux hypers et supers (cf. photo ci-dessus), entrera en vigueur ce mardi matin. Un décret publié aujourd’hui précisera la liste des produits visés. Devraient être concernés par cette interdiction : les rayons des produits culturels, les jouets, le textile, la vaisselle, l’électroménager, les bijoux et les fleurs. Soit un ensemble d’univers représentant de 6 à 10% du chiffre d’affaires d’un supermarché et même davantage pour un hypermarché.

La mise en œuvre de cette décision s’annonce comme un casse-tête en magasin, le distinguo entre les références “essentielles” et “non essentielles” étant parfois très relatif. “Les produits d’hygiène seront gardés, le maquillage non”, a ainsi précisé ce lundi sur France Info Alain Griset, le ministre délégué en charge des petites et moyennes entreprises.

Les jouets de Noël sur le drive

Il devrait encore être possible de proposer des articles de bricolage, de jardinage, d’informatique ou de papeterie, puisque les pure players de ces univers sont autorisés à ouvrir. De quoi conserver une part des ventes habituelles du non alimentaire, qui toutes catégories confondues représentaient en novembre 2019 jusqu’à 23,6% du volume d’affaires des hypers de plus de 7500 mètres carrés selon Nielsen (cf. graphique ci-dessus).

En tout cas, c’est un euphémisme de dire que cette annonce gouvernementale a été mal accueillie chez les distributeurs. Toujours très réactif, Michel-Edouard Leclerc signe sur son blog un article titré “Tous perdants, sauf Amazon”. Un constat partagé qui pousse déjà nombre d’enseignes à réagir. Les affichettes précisant par exemple que le retrait de colis n’est désormais plus possible à l’accueil des magasins se multiplient. Et l’on trouve dès aujourd’hui de nouveaux onglets “Jouets de Noël” sur les sites drive de Leclerc ou encore de Système U.

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