Surveillance : le Leclerc de Saint-Médard se fait mal voir
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- Auteur : B. Merlaud
L'un des plus gros Leclerc de France est dénoncé par la Cnil pour sa surveillance "disproportionnée" des salariés. Une mauvaise publicité pour l'enseigne et la famille Leclerc : l'adhérent incriminé est le beau-frère de Michel-Edouard Leclerc.
La commission nationale de l'informatique et des libertés a voulu faire du Leclerc de Saint-Médard-en-Jalles (33) un exemple. Elle a donc rendu public son avis, dans lequel elle détaille au passage le chiffre d'affaires 2011 du magasin (150 millions d'euros) et son joli résultat net (3%).
Pourquoi ? Parce que ce Leclerc est l'un des plus gros paquebots du mouvement. Et parce que l'adhérent, François Levieux, a épousé la sœur de Michel-Edouard Leclerc. Tout un symbole, autrement dit.
La presse a évidemment repris en boucle l'information, l'article le plus mordant étant sans doute celui publié ici par Rue89 .
Concrètement, le distributeur n'a écopé à ce stade d'aucune condamnation. La Cnil l'a mis en demeure de corriger dans les deux mois les irrégularités constatées après une dénonciation.
D'abord, plusieurs dispositifs de surveillance des salariés, jugés disproportionnés, doivent être abandonnés. Comme ces 28 lecteurs d'empreintes digitales servant de pointeuses : la Cnil ne voit pas quelles circonstances exceptionnelles peuvent justifier l'emploi de dispositifs biométriques pour contrôler les horaires du personnel. Sans compter que les empreintes enregistrées sont conservées parfois plusieurs années après le départ des employés.
De la même manière, la commission demande au distributeur de ne plus filmer l'accès aux salles de pause et de déplacer les caméras qui surveillent en permanence les employés du laboratoire de boulangerie.
La direction du magasin, enfin, doit aussi régulariser sa situation et se soumettre à toutes les formalités obligatoires qu'elle a négligées jusque là. Tant sur le plan des déclarations à la Cnil que sur celui de l'information des salariés.