Médiapart détaille par le menu les problèmes auxquels est confronté un franchisé Spar à Marseille. Le long témoignage d’ Ara Apinian , remonté contre le groupe Casino, est édifiant. Il porte à la connaissance du grand public le cocktail de difficultés auxquelles font face de plus en plus de gérants de magasins de proximité.
Dans ce cas précis, les prix de gros attribués par la centrale seraient, hors taxe, plus importants que ceux payés en caisse par les clients au Géant de la Valentine, proche de son commerce. Au point qu’Ara Apinian fait lui-même quotidiennement ses achats dans l’hyper pour emplir ses rayons. Et le gérant de pointer du doigt des prévisionnels de chiffre d’affaires démesurés, les hausses régulières de prix de la centrale (+ 30 % en quelques mois), centrale qui lui conseille des prix de vente de 60 à 100 % plus chers que le Géant Casino, etc.
Médiapart enfonce le clou en précisant que plusieurs propriétaires de magasins Spar effectuent régulièrement des relevés de prix, parfois par huissiers, pour prouver que des produits identiques, conditionnés de la même façon, leur sont facturés plus cher par Casino que les prix de vente publics consentis aux consommateurs classiques dans le réseau hyper/super.
Cette énième médiatisation des difficultés des franchisés (Carrefour, Casino, Dia, etc) pourrait contribuer à remettre sur le devant de la scène l’épineuse question des contrats d’affiliation. Alors que l’Autorité de la concurrence avait fait des propositions très claires pour faire sauter les verrous qui enferment les franchisés dans leur enseigne, le projet de loi (très édulcoré) qui en a découlé est resté sans suite après l’élection présidentielle de 2012.