Jean-Marie Malbranke, Aldi France : « nous sommes des discounteurs et fiers de l’être »

1 avril 2021 - Agathe LEJEUNE, Yves DENJEAN

Aldi a signé aujourd’hui dans une ferme de l’Indre son premier contrat tripartite avec l’Association de producteurs de lait du bassin du Centre et la société LSDH. Linéaires y était. L’occasion pour Jean-Marie Malbranke, vice-CEO d’Aldi France, de présenter sa stratégie de développement et de cultiver sa différence avec Lidl.

Jean-Marie Malbranke, vice-CEO d'Aldi France, a signé ce jeudi 1er avril la première convention tripartite de l'enseigne sur l’exploitation de Delphine et Éric Girouard à Launay (36).

Vous signez aujourd’hui un premier contrat tripartite. Pourquoi avoir attendu si longtemps ?

Le moment était venu. Avec bientôt plus de 1300 magasins en France, nous allons atteindre une densité nationale qui nous permet de jouer un rôle positif sur la structuration des filières. Notre objectif est d’ailleurs de monter rapidement à 1900 points de vente. Aujourd’hui nous contractualisons une démarche que nous avions en réalité déjà adoptée. La rencontre avec Emmanuel Vasseneix, patron de la Laiterie de Saint-Denis de l’Hôtel (LSDH) a fait le reste.

Mes précédents postes étaient basés en Allemagne où les contrats tripartites sont monnaie courante. Je les ai donc naturellement mis en route. Cette signature est une étape de plus dans notre politique d’achats.

Quels engagements concrets prenez-vous avec cette signature ?

Nous nous sommes engagés pour une durée de trois ans avec l’Association de producteurs de lait du bassin du Centre et la société LSDH, sur six de nos sept références de lait de consommation, avec un prix de base à 385€ les 1000 litres primes incluses. Les volumes sont importants : 85% des sorties de lait chez Aldi, soit 105 millions de litres. Et dans quelques jours, nous allons signer avec la coopérative Sodiaal. Cet accord portera sur les mêmes bases de rémunération et de durée. D’autres contrats de ce type devraient suivre, dans le porc, les œufs ou encore la race à viande limousine.

À l’image de Lidl finalement… Ne souffrez-vous pas de cette comparaison permanente ?

Nous ne sommes pas des suiveurs. Lidl revendique être une chaîne de supermarchés. Nous, nous sommes des discounteurs et fiers de l’être. Aldi a inventé le concept et veut en rester le référent à travers une gamme courte de produits de qualité, des achats massifs, très peu de marketing et le juste prix.

Pour autant, cela ne justifie pas de descendre en dessous des coûts de production. Et tant mieux si d’autres distributeurs ont cette stratégie de valorisation des matières agricoles. Les marques de distributeurs représentent plus de 50% du lait consommé en France. Si un distributeur comme Aldi, qui fait 100% de MDD, s’engage sur 85% de ses volumes, cela a forcément un impact significatif et très positif sur la filière.

Où en êtes-vous dans la transformation du parc des magasins Leader Price ?  

Notre chantier de transformation devrait être achevé début novembre 2021. Nous fêtions avant-hier notre millième magasin Aldi en France, un jalon important dans l’histoire de l’enseigne. Notre premier point de vente de l’Hexagone date de 1988. Dans le Nord, certains fournisseurs travaillent avec nous depuis cette date. Pour nos 1500 produits, nous déterminons notre cahier des charges, notre qualité, nos recettes, nos approvisionnements. Aldi n’est pas une enseigne hors-sol.

Aldi a aussi fait sa révolution en communication…

Oui, c’est une stratégie que nous allons poursuivre. Il est temps d’expliquer que le discount est positif, qu'il n'est pas synonyme de malbouffe, qu’il ne consiste pas à tirer les prix agricoles vers le bas ou importer des produits alimentaires de l’autre bout du monde. Mais nous restons des horlogers de l’épicerie et nous aimons bien que tout soit parfait avant de prendre la parole. Nous surinvestissons par rapport à la taille de notre parc actuel pour sortir de l’anonymat. Nous sommes sérieux concernant la logistique et les produits. Mais nous savons aussi nous amuser s’agissant de communication. On en mesure déjà les effets dans nos baromètres d’image.

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