En tiers temps avec un Mousquetaire
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- Auteur : Benoît Merlaud
Voilà un parcours type qui plaît chez Intermarché. Jacques-Antoine Dehergne a commencé sa carrière comme cadre financier au siège de l’enseigne. Il est resté salarié pendant onze ans, puis il est parti en agrément en vue d’ouvrir son propre magasin. Il y a un an et demi, il a pris la tête d’un petit supermarché urbain (750 m2), dans l’Essonne, à Villebon-sur-Yvette. Ce jeune adhérent (et jeune papa) se débrouille pour se libérer deux jours par semaine, afin d’effectuer bénévolement son tiers temps. Avec enthousiasme.
Les conditions ne sont pourtant pas idéales. Jacques-Antoine Dehergne a repris un magasin vieillissant et les projets de rénovation se bousculent. Petite surface oblige, il travaille avec un effectif modeste de 32 personnes (20 équivalents temps plein). Il s’occupe lui-même du rayon surgelés ! « C’est un rayon dont personne ne veut, alors je donne l’exemple », sourit-il. Sans parler de sa « jeunesse » dans le métier de commerçant.
Déléguer des responsabilités
« Le groupement m’a laissé deux ou trois mois pour prendre mes marques, puis j’ai commencé par me libérer seulement un jour par semaine », précise l’adhérent. Il s’est organisé pour déléguer des responsabilités en son absence, notamment les ouvertures et les fermetures du magasin.
Cela dit, quand Jacques-Antoine Dehergne part en tiers temps, il ne va pas bien loin. Comme la plupart des jeunes adhérents, ses premiers engagements ne dépassent pas le cadre régional. En l’occurrence, elles sont même départementales : Jacques-Antoine Dehergne co-anime le « GPL 91 », le groupe de performances locales de l’Essonne.
Chez Intermarché, les GPL regroupent 20 à 30 magasins (l’Essonne en compte 28). Pour tous les adhérents, le GPL est l’occasion de rencontrer ses proches collègues, une fois par mois. « Chaque réunion a lieu dans un magasin différent, explique Jacques-Antoine Dehergne. Avant de démarrer, tout le monde fait le tour du point de vente, pour échanger des idées. »
Trancher les conflits
Les GPL permettent aux adhérents de se connaître, de partager leurs expériences (positives ou négatives) et de s’entraider si besoin. C’est aussi, le cas échéant, le lieu idéal pour trancher des conflits. Mais ce sont également des centres de décision, pour adapter la politique de l’enseigne aux spécificités locales. Les Intermarché de l’Essonne peuvent monter leurs propres opérations, éditer des tracts ou faire passer des publicités dans la presse locale (en se partageant le financement). Pour Jacques-Antoine Dehergne, le GPL demande davantage d’investissement. Il travaille en binôme avec un autre jeune Mousquetaire, Christophe Le Bihan, au profil complémentaire (c’est un fils d’adhérent). Les deux hommes sont chargés de préparer les réunions mensuelles du GPL, mais aussi, toutes les semaines, de visiter des magasins du département.
Ils parcourent les rayons une grille d’évaluation à la main. Ils doivent noter les points de vente sur plusieurs critères : respect du concept, suivi des opérations nationales, hygiène, etc. Les visites, en général, ne sont pas annoncées, mais elles sont plutôt bien accueillies. « Ils apportent un œil extérieur, attirent l’attention sur des détails qu’on ne voit plus, commente Jean-Pierre Epaulard, adhérent à Chilly-Mazarin et « visité » le jour du reportage. La démarche est constructive. »
« C’est toujours une sensation curieuse, rapporte Jacques-Antoine Dehergne. En devenant adhérent, je me suis mis à tutoyer ceux qui étaient auparavant mes « patrons ». Et dans le cadre de mon tiers temps, je suis censé apporter quelque chose à des Mousquetaires qui ont parfois plus de vingt-cinq ans de métier… Mais j’y arrive ! »