Comment les enseignes s’activent autour de la livraison collaborative

12 novembre 2020 - Jacques Bertin

A l’image de Système U, Intermarché et Leclerc, de plus en plus de distributeurs s’engagent auprès d’Yper, Shopopop, Courseur et des autres acteurs de la livraison collaborative. Si l’objectif à court terme est bien de répondre aux impératifs liés à la situation sanitaire, l’enjeu va bien au-delà.

Déjà boostée lors du premier confinement au printemps, la livraison collaborative prend encore plus d’ampleur avec l’évolution de la situation sanitaire. Ce modèle qui permet aux clients des GMS de se faire livrer leurs paniers de courses par leurs «voisins» (moyennant généralement un dédommagement de l’ordre de 5 à 10€ en fonction de la longueur du trajet) est de plus en plus encouragé par les distributeurs.

Lâcher de chariot chez U avec Yper

Bien sûr, la réputation d’Yper, Shopopop ou Courseur qui proposent ce service est encore loin d’atteindre celle d’Uber Eats ou Deliveroo côté restauration. Mais l’activisme des GMS pourrait rapidement faire évoluer les choses. Ainsi, après avoir autorisé Yper à prospecter certains de ses points de vente, avec une vingtaine de tests au premier semestre 2020, Système U vient de signer un partenariat officiel avec cet opérateur. Lequel revendique aujourd’hui une communauté de plus de 150.000 livreurs particuliers couvrant plus de 2500 communes.

Concrètement, si le site Courses U ne fait pas encore mention d’Yper, la totalité des magasins U proposant ce service sont référencés sur le site d’Yper. Soit plusieurs centaines de drives et de points de vente à date. Dans les magasins U qui le mettent en avant, les clients peuvent aussi pratiquer le lâcher de chariot. À savoir réaliser eux-mêmes leurs achats, puis faire appel à Yper pour qu’il livre leurs emplettes à domicile. Au-delà du contexte de crise sanitaire, ce service prend tout son sens en ville ou auprès des personnes à mobilité réduite.

Dans la majorité des cas, la démarche des livreurs volontaires d’Yper consiste toutefois à récupérer la commande d’un client en drive et à la livrer à domicile. Lui évitant donc de se déplacer lui-même. «Un geste solidaire, écologique et citoyen», affirme Jacques Staquet, cofondateur d'Yper. Alors que Système U, par la voix de son président, Dominique Schelcher, se félicite de «ce partenariat particulièrement adapté aux attentes nouvelles de nos clients, en particulier dans la situation sanitaire du moment».

Un numéro vert chez Intermarché

Dans le même esprit, les Mousquetaires (Intermarché et Netto), également partenaires d’Yper, mettent aussi en avant leur collaboration avec Courseur, une plateforme «solidaire, simple à utiliser, qui met en relation gratuitement les habitants d’un même quartier qui souhaitent s’entraider en mutualisant leurs sorties pour faire des courses», détaille le distributeur.

Présents sur le site de Courseur depuis le début du mois de novembre, les Mousquetaires entendent mettre en place très rapidement un plan média d’envergure pour présenter et expliquer à leurs clients le projet de cette start-up. «Nous avons même dédié une partie de notre service clients à Courseur en mettant en place un numéro vert pour aider les personnes qui ne seraient pas à l’aise avec l’informatique», indique Vincent Bronsard, directeur marketing et communication d’Intermarché et Netto, qui succédera à la fin du mois à Thierry Cotillard à la tête des deux enseignes.

Leclerc déploie Shopopop au national

Leclerc n’est pas en reste parmi les distributeurs indépendants. Après avoir testé la solution de Shopopop dans la région Ouest, l’enseigne a ainsi annoncé le 29 octobre dernier la signature d’un partenariat visant à développer au national le service de covoiturage de courses avec ce site de livraison collaborative. Lequel revendique aujourd’hui plus de 1000 commerces partenaires en France et 70.000 shoppers-livreurs situés aussi bien dans de grandes agglomérations (Nantes, Lille, Lyon, Marseille, etc.) que dans des villes de taille moyenne ou en zones rurales. D’ici un an, ce partenariat «a pour ambition de permettre à plus de 500 drives Leclerc de lancer, développer ou renforcer une offre de livraison à domicile», précise l’enseigne.

Car au-delà de la période de crise que nous vivons et de la nécessité pour les personnes fragiles de limiter leurs déplacements, l’enjeu va en effet bien au-delà pour ces enseignes d’indépendants. Il s’agit pour elles de promouvoir une offre de livraison à domicile sans avoir à développer toute une infrastructure dédiée au dernier kilomètre. Une problématique à laquelle se frotte l’ensemble des acteurs de la grande distribution alimentaire. Y compris Lidl, par exemple, qui s’est associé à la plateforme Allovoisins depuis le printemps dernier.

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