Comment Jean-Charles Naouri pilote la marge de Casino
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- Auteur : B. Merlaud
Jean-Charles Naouri a beau s'être entiché de commerce au point d'avoir lui-même repris en mains, en 2005, la direction générale de Casino, il n'en demeure pas moins d'abord un stratège de la finance.
Face au parterre d'actionnaires réunis en assemblée générale et épaulé par Antoine Giscard d'Estaing, son directeur financier, il a déroulé sans peine une longue argumentation chiffrée.
Deux fois mieux que le CAC40
Il faut dire qu'avec un cours de Bourse qui a progressé de 87% depuis 2009, et même de 9,5% depuis le 1er janvier 2014, Casino fait environ deux fois mieux que le CAC40. Une performance qu'Antoine Giscard d'Estaing ne s'est pas privé de rappeler ce matin.
Le directeur financier n'a pas osé évoquer Carrefour, mais les actionnaires auront fait la comparaison d'eux-mêmes. Le concurrent français de Casino a vu son action chuter de plus de 12% sur les cinq dernières années, et a perdu 9% depuis le début de l'année.
"Des marges élevées"
Malgré des effets de changes très défavorables, qui privent le ROC de dix points de croissance supplémentaire, c'est bien l'international qui tire vers le haut les résultats de Casino. "Partout à l'étranger, nous avons des marges élevées" , s'est sobrement félicité Jean-Charles Naouri.
Quand on rentre dans le détail, les chiffres sont autrement plus flamboyants. En rapportant le résultat au chiffre d'affaires, la France dégage 3,2% de ROC en 2013. L'Amérique latine fait presque deux fois mieux, avec 5,9% et l'Asie s'envole à 7,4%.
En France, le résultat opérationnel est en recul à cause de Mercialys (la société a été mise en équivalence en juin 2013). Hors immobilier, le ROC est stable dans le pays : un joli tour de force compte tenu du colossal investissement consenti par le groupe dans les baisses de prix.
L'explication ? Le sens du timing de Jean-Charles Naouri.
Des pépites en matière de rentabilité
Les résultats 2013 de son groupe sont en réalité dopés par ce que le dirigeant appelle lui-même "la prise de contrôle des deux grands actifs structurants du groupe : GPA au Brésil et Monoprix en France" . Deux pépites en matière de rentabilité.
"La très forte croissance du résultat des sociétés internationales est portée par la prise de contrôle de GPA" , a reconnu Antoine Giscard d'Estaing. Le Brésilien GPA est entièrement consolidé dans les comptes du Français depuis juillet 2012. 2013 est donc la première année pleine sur laquelle le distributeur intègre l'ensemble des bénéfices du Brésilien.
En France, Casino possède 100% du capital de Monoprix et consolide la société en intégration globale depuis avril 2013. Le Stéphanois conserve là encore pour lui seul les juteux résultats de l'enseigne de centre-ville (6,9% de ROC).
Bref, avec ces opérations de consolidation, le moment était idéalement choisi pour s'autoriser des pertes sur Géant Casino en baissant violemment les prix. Quand le stratège financier rejoint le commerçant...