Filière porc : 7 Mds € nécessaires pour préserver la production
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- Auteur : F. Carluer-Lossouarn
" 2026, année charnière pour maintenir l'autosuffisance française ". C'est le message clé qu'a voulu faire passer Inaporc, l'interprofession du porc français, lors d'un point presse organisé ce 10 février, en amont du salon de l'Agriculture. Point positif pour la filière, la consommation de viande de porc, moins chère que le bœuf, a été au rendez-vous en 2025 : +2,6% tous circuits (à domicile et hors domicile).
" Le porc retrouve ainsi la première marche du podium des viandes préférées des Français, à 31,6 kg par habitant consommés sur l'année, à égalité avec les volailles ", se félicite l'Inaporc qui souligne un recul de -1,6% du prix moyen de l'espèce en magasins l'an dernier (total viandes et charcuteries de porc), à 12,10 €/kg (9 €/kg pour la viande). En GMS, les achats des Français ont progressé de +2,3% pour la viande de porc l'an dernier, avec +7,4% pour la saucisserie fraîche, +3,7% pour la viande et une stabilité en charcuterie.
100 élevages/an à reprendre d'ici 2035
Photo : Inaporc - G.Voevodsky
Mais la filière a aussi pointé les gros enjeux à horizon 2035 pour pouvoir préserver l'autosuffisance française : taux de 98% en 2025 contre 103% en 2022. Alors que la production française a été stable l'an dernier (+0,3% à 22 millions de porc et 2,15 millions de tonnes de viande), Inaporc a rappelé une nouvelle fois le défi du renouvellement des éleveurs qui partiront à la retraite. 40% des volumes de porc produits proviennent d'éleveurs ayant plus de 55 ans.
Inaporc estime à 100/an le nombre d'élevages qui doivent être repris d'ici 2035, nécessitant un investissement total de 5 Mds €. L'interprofession appelle à nouveau " à la levée des contraintes administratives qui bloquent les rénovations et reprises des élevages ", et à la révision des obligations environnementales européennes (directive IED sur les émissions industrielles) qui concerneraient bien plus d'élevages de porc à horizon 2030-2032, mesures qualifiées d'"inapplicables".
En aval, la reprise de plus d'un tiers des entreprises de charcuterie est aussi en jeu. " Pour les entreprises de charcuterie, ce sont 2 milliards d'euros sur 10 ans qui sont nécessaires pour maintenir la diversité gastronomique française face à la concurrence des charcuteries étrangères ". La filière souhaite notamment un renforcement du pacte Dutreil pour faciliter la transmission des PME charcutières.
Campagne d'affichage du 18 février au 22 mars
Dans ce contexte et pour conforter l'origine tricolore dans le choix des ménages français, Le porc français repart en campagne. Pour la première fois, l'interprofession Inaporc met en place une campagne d'affichage nationale du 18 février au 22 mars, dans les principales agglomérations en métropole et via de l'affichage chariots en magasins. Le ton des jeux de mots humoristiques des précédentes campagnes reste de mise, avec la volonté cette fois de souligner l'accessibilité prix de la viande porcine : " Oui, on peut se régaler sans trancher dans son budget ". L'objectif est d'atteindre 139 millions de contacts sur la période.
Dans un premier temps, du 18 au 24 février, les visuels seront affichés sur des panneaux de 8 m² et de 2 m² dans les centres-villes des principales agglomérations métropolitaines. Ensuite, du 23 février au 22 mars, l'affiche sera visible sur les charriots de près de 190 hypers et supermarchés, pour interpeller les consommateurs directement sur leurs lieux d'achat.
Par ailleurs, le porc français et l'Inaporc tiendront à nouveau un stand dans le hall 1 au Salon International de l'Agriculture qui se tiendra du 21 février au 1er mars Porte de Versailles à Paris. Les visiteurs pourront notamment vivre une expérience immersive grâce à une visite virtuelle d'un élevage de porcs avec des lunettes 360°, et échanger directement avec des éleveurs.