Pommes : l’ANPP rassure… mais s’inquiète

31 janvier 2022 - Beatrice Méhats Démazure

Il n’y aura pas de rupture en pommes. Selon l’Association nationale pommes poires, le stock de fruits Vergers écoresponsables s’élevait à 597.000 tonnes au 1er janvier. Soit une hausse de 5% par rapport à l’an passé, et ce malgré une plus faible récolte (1.363.000 tonnes). « Si cela reste une petite production pour les producteurs, nous pouvons affirmer qu’elle est suffisante pour approvisionner normalement le marché de frais français jusqu’à la fin de la campagne », assure l’ANPP. 
L’association fait néanmoins part de son inquiétude face à la rémunération « fortement dégradée » des producteurs. « Pour les principales variétés, les prix de vente « nu départ » depuis le début de la campagne sont proches de ceux de la campagne précédente, reconnaît-elle. Mais l’équilibre économique de toute la filière pommes est profondément bouleversé cette année : le gel a entraîné une forte hausse des coûts de production pouvant dépasser 10 centimes par kilo. Les emballages cartons imposés par la loi AGEC ajoutent encore quelques centimes à la facture, tout comme la hausse des coûts de transport. »

Une situation électrique

La hausse des frais d’électricité est aussi directement pointée du doigt. Selon l’ANPP, la plus grosse inquiétude vient désormais de la hausse historique des coûts de l’énergie nécessaire pour la conservation des fruits. « Les contrats d’approvisionnement en électricité renégociés en 2021 entraînent une multiplication du coût de conservation par 2 à 3, imputant de 15% la rémunération du producteur », explique l’association.
Dans ce contexte, les 1400 producteurs de l’ANPP appellent leurs partenaires grossistes et distributeurs « à soutenir la valorisation des pommes françaises pour cette deuxième partie de campagne comme ils ont su le faire depuis le printemps, notamment en limitant les promotions à des prix qui ne tiendraient pas compte de l’équilibre économique de nos exploitations ».
Ils demandent également aux pouvoirs publics d’adopter des mesures d’urgence pour limiter la hausse du prix de l’électricité pour les entreprises de production et d’expédition de pommes. L’ANPP plaide également, comme en viande, pour une identification obligatoire de l’origine dans les produits transformés à base de fruits. Enfin, l’association souhaite que le stickage des fruits nécessaire à l’identification de l’origine et du mode de production ne soit pas compromis pour valoriser les efforts agroécologiques des producteurs. 

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