Négociations 2022 : le gouvernement hausse le ton

28 janvier 2022 - Yves DENJEAN

Le troisième comité de suivi des négociations s’est tenu hier 27 janvier dans un climat extrêmement tendu entre industriels et distributeurs. Le gouvernement représenté par le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie s’est montré ferme quant à l’application de la loi Egalim 2.

Julien Denormandie, ministre de l'Agriculture (photo : ministère)

Une ambiance très tendue. Après ceux du 10 novembre et du 16 décembre 2021, le troisième comité de suivi des négociations s’est tenu hier 27 janvier réunissant des acteurs de la grande distribution, de l'industrie et du monde agricole. En juge de paix, le gouvernement représenté notamment par le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie a appelé à la responsabilité de chacun jugeant la situation préoccupante dans un climat délétère.

"Les tensions se sont très clairement exprimées entre la grande distribution et les industriels, mais il n’est pas question de décaler la date de la fin des négociations, qui reste le 1er mars", a déclaré le ministre, selon l’AFP. Celui-ci fustige le comportement des distributeurs qui continuent d’imposer des pénalités logistiques ou d'actionner la menace du déréférencement de produits. "Le nombre de contrats signés à date est plus faible que d’habitude", a souligné Jean-Baptiste Lemoyne, ministre délégué aux PME. Il invite à reprendre "le chemin des négociations dès ce soir, en ayant recours, le cas échéant, au médiateur."

Dialogue de sourd

Les industriels représentés entre autres par l’Ania, l’Ilec et La Coopération Agricole tirent une nouvelle fois la sonnette d’alarme. "Malgré l’affichage par la plupart des distributeurs d’une prise en compte de la hausse des matières premières agricoles, imposée par la loi Egalim 2, on est loin du compte, ont-ils indiqué dans un communiqué commun. […] Il est indispensable de prendre en compte la totalité des coûts, ceux qui ne sont pas agricoles pouvant représenter jusqu’à 60% des coûts de production des entreprises."

Pour les professionnels de l’agroalimentaire, la sanctuarisation des prix agricoles a déplacé le problème sur d’autres points de la négociation : les emballages, l’énergie, le transport, etc. L’effet pervers de la loi Egalim 2 selon la Feef qui regroupe les PME.

Pour sa part, la grande distribution se défend bec et ongle par la voix de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD). "Les enseignes ont fait part de leur forte inquiétude sur les négociations en cours, en raison notamment de l’attitude irresponsable de nombreuses grandes entreprises industrielles, étrangères ou françaises, souligne la FCD. Les hausses demandées par les industriels s’élèvent en moyenne entre 7 et 8%. Ces hausses ne correspondent que pour un tiers aux conséquences de l’inflation des matières premières agricoles, sanctuarisées par la loi Egalim 2."

250 enquêtes depuis le 1er janvier

En attendant, les politiques sortent les muscles. "Depuis le 1er janvier, nous avons lancé 250 enquêtes avec la DGCCRF et nous allons continuer. Il y aura des sanctions. Nous mettons une pression très très très forte dans le tube pour que chacun respecte les règles", a déclaré hier soir Julien Denormandie. Nul doute que celui-ci attende une nette amélioration d’ici le prochain comité de suivi annoncé pour le 20 février.

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