Le chômage partiel s'invite dans la grande distribution

10 novembre 2020 - Benoît MERLAUD

Carrefour, Auchan et Casino vont recourir au chômage partiel afin de compenser la fermeture des rayons "non essentiels" et la baisse de fréquentation des hypers. La grande distribution ne sera pas, cette fois, la grande gagnante du nouveau confinement. 

La fermeture des rayons dits non essentiels en grande distribution

 

L'image qui était restée de la première vague du covid-19 en France, s'agissant de la grande distribution, était celle du personnel de caisse qui faisait front. Plus ou moins bien protégé par une paroi en plexiglas, parfois par un simple film alimentaire, mais salué avec reconnaissance par de nombreux clients. 

L'image du deuxième confinement, ce serait plutôt tous ces rayons fermés à la hâte par des rubans, des bâches ou des palettes. Tous ces produits interdits à la vente, pas tant pour des raisons sanitaires que par souci d'équité du gouvernement, pour faire jeu égal avec les commerces spécialisés contraints à la fermeture. 

Après les héros de la première vague, donc, place maintenant… au chômage partiel. Car les rayons fermés pèsent lourd dans les comptes, particulièrement en fin d'année. 

Les annonces se succèdent depuis quelques jours dans les enseignes. Les groupes Casino, Auchan et Carrefour ont tour à tour décidé de recourir au dispositif. 

L'ensemble du personnel chez Carrefour

Chez Casino, les enseignes Géant et Monoprix sont les premières concernées. Chez Auchan, les mesures s'appliquent hypermarché par hypermarché, au cas par cas. Certains salariés se voient proposer, en alternative, de passer en "polyactivité" en rejoignant le secteur caisse, le drive ou les PGC. 

Chez Carrefour, selon FO, la mise en chômage partiel concerne le personnel des rayons fermés à hauteur de 50% du temps de travail. Dans les agences de voyages, dont l'activité a été arrêtée, on arrive à 100% du temps de travail. 

Mais l'activité partielle, en réalité, va toucher bien plus de monde chez Carrefour. L'ensemble du personnel, en hyper, super et entrepôt, passera en chômage partiel sur 10% du temps de travail. Soit l'équivalent d'une journée toutes les deux semaines. 

Pour les salariés des sièges, la mise en chômage partiel se fera à hauteur de deux jours par semaine. 

"Nous compenserons le reste à charge afin qu'aucun salarié ne subisse de baisse de pouvoir d'achat", précise-t-on chez Carrefour. 

Pas sûr que le gouvernement ait anticipé de telles conséquences sur un secteur qui figure parmi les premiers employeurs de France, et qui avait été épargné par le chômage au premier confinement. 

 

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