Covid-19 : La filière asperges en difficulté

26 mars 2020 - Béatrice Méhats-Démazure

« Dans ce contexte de crise, les deux produits en grande difficulté sont les fraises et les asperges, reconnaît Astrid Etèvenaux, animatrice de l'AOP Asperges de France. Et ce d’autant plus que les asperges, qui annoncent le printemps et dont la saison est courte, sont plus précoces cette année : les Landes ont commencé début février. »

Ailleurs, les volumes continuent d’arriver, notamment dans les autres régions du Sud-Ouest (Blayet, Dordogne), dans le Val de Loire et le Sud-Est, etc. Les volumes sont là, mais la main-d’œuvre manque. « Il reste encore des endroits où la saison n’a pas débuté, mais les producteurs se demandent s’ils vont ouvrir », souligne Astrid Etèvenaux. Le confinement mais aussi le respect des distances entre employés augmentent les difficultés en station de conditionnement. « Les producteurs sont parfois obligés de limiter leur production pour l'adapter à la demande et de laisser des parcelles, ajoute l’animatrice. C’est dur pour un exploitant de ne pas tout récolter, faute de main-d’œuvre. »

Les prix avaient tellement baissé au stade expédition que le Réseau des nouvelles des marchés (RNM) a décrété deux jours de crise conjoncturelle pour les asperges. « Les prix ont chuté d’au moins 25 % à 35 % », regrette l’animatrice. Une situation qui déclenche le signalement auprès des distributeurs, invités à écouler les stocks, ainsi que la mise en œuvre d’accords de modération de marges, signés chaque année.

Intermarché soutient l'asperge française

Le message a été entendu. Parmi les plus rapides, Leclerc a annoncé stopper toutes les origines autres que françaises sur les asperges (mais aussi en tomates et concombres). De son côté, Intermarché a aussi très rapidement proclamé son soutien et demande à ses clients, « aujourd’hui plus que jamais », de soutenir les agriculteurs français en achetant leurs asperges. Une demande que l’enseigne émet également pour les fraises et la pêche française. Dans les enseignes Casino, l’approvisionnement est actuellement 100 % français en fraises comme en asperges. Pour ces dernières, l’enseigne assure d’ailleurs enregistrer une hausse de 30 % de ses ventes sur la semaine 11 (mi mars) par rapport à l’an dernier, et à + 22 % sur la semaine 12. « Les enseignes ont entendu le message, mais il ne faudrait pas que les prix d'achat à la production soient trop faibles, en raison de l’augmentation du coût de la main-d’œuvre et du transport observée depuis l’apparition de ce virus », prévient néanmoins Astrid Etèvenaux.

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