Banane : la filière suspend le préemballé pour assurer les flux

18 mars 2020 - Béatrice Méhats-Démazure

Réactivité. Pour assurer le flux de produits jusqu’au consommateur mais aussi la sécurité sanitaire de son personnel, la filière banane suspend ses chaînes de conditionnements : les bananes ne seront plus vendues en préemballé (sachets flowpack). Le calcul est vite fait : « En vrac, on peut considérer que 10 000 tonnes peuvent être gérées en mûrisserie par 1 équivalent temps plein, or il faut 1,5 à 2 personnes pour seulement 1 000 t en conditionné, explique Véronique Le Bail, déléguée générale des associations de metteurs en marché et mûrisseurs de bananes. Et ce, dans des conditions de travail où les opérateurs sont côte à côte, ne permettant pas le respect des distances minimales. » Le retour au vrac est donc le moyen pour la filière de garantir plus d’efficacité tout en anticipant des difficultés de disponibilité en personnel.

La filière banane s'organise pour assurer le flux de produits

« Quant aux bananes bio, qui représentent 14 à 15 % du marché et sont présentées emballées en grande distribution, nous avons obtenu une dérogation en urgence et de manière tout à fait exceptionnelle, explique Véronique Le Bail. Il est possible de les vendre en vrac en points de vente généralistes, sous réserve de la mise en place de dispositions visant à assurer la traçabilité des bananes bio jusqu’au consommateur. »

La filière salue d’autant plus la réactivité des services de l’État dans l’accord de cette dérogation que les stocks sont tendus. Avant cette crise, le marché était bien équilibré, relativement bien orienté mais néanmoins avec une production très mesurée. « Depuis, la banane a fait partie des produits que les consommateurs se sont arrachés, constate Véronique Le Bail. Mais cela va aller. La filière reste vigilante à tous les stades pour éviter les difficultés d’approvisionnement. »

Une vigilance d’autant plus importante que des points de tensions se faisaient déjà sentir, notamment sur le transport maritime. « Mais nous avons les produits, nos équipes sont réorganisées, la filière connaît les points à examiner et les surveille », rassure Véronique Le Bail. A noter que cette suppression de l’emballage, en bio comme en conventionnel, ne concerne pas les bananes conditionnées à l’origine.

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