Que retenir de la crise agricole de cet été ?

Que retenir de la crise agricole de cet été ?

Les barbecues auront laissé un goût amer cet été. Parce que les éleveurs ont partagé leur détresse avec la France entière, mais aussi parce que les distributeurs, une nouvelle fois, se sont sentis bien seuls à répondre à la crise.

Trois engagements successifs ont été pris, devant le ministre de l'Agriculture, en juin et en juillet : revalorisation des achats de viande bovine, hausse des cours du porc sur le marché au cadran, prise en compte d'un nouveau prix du lait payé aux éleveurs.

Des engagements respectés

Fin juillet, le médiateur des relations commerciales agricoles a rendu ses conclusions sur l'application des premiers accords, portant sur les viandes bovines et porcines. En substance, industriels et distributeurs ont respecté les engagements pris, en particulier sur la viande fraîche (plus facile à contrôler), et les cours sont repartis à la hausse.

Mais de l'aveu même du médiateur, cette dynamique reste insuffisante. D'abord parce que certains achats des distributeurs passent encore par des enchères, au cours desquelles les transformateurs intégrant les hausses de prix sont souvent évincés. Ensuite, surtout, parce que la grande distribution ne fait pas les marchés à elle seule. Elle ne commercialise au final que 50% de la viande bovine et 30% de la production porcine, sous forme de viande fraîche (le reste étant transformé en charcuterie ou plat cuisiné).

Uniquement les MDD

Sur les prix du lait, l'accord signé a encore moins de portée : il ne concerne que des produits laitiers simples (lait, beurre, crème, yaourt nature, etc.) et… uniquement sous MDD. Les industriels n'ont pas pris d'engagement formel pour leurs marques nationales et ont obtenu que les enseignes ne cherchent pas à réviser, en cours d'année, les contrats signés en négos.

Le refus de Bigard et de la Cooperl, en août, de participer au marché au cadran du porc et d'entériner ainsi le cours "politique", fixé avec le ministre Stéphane Le Foll, a déplacé l'attention des médias sur la responsabilité des industriels.

A en croire le compte-rendu, dressé par l'AFP, des dernières enchères tenues sur le marché au cadran, même la société d'abattage du groupe Sofiproteol (dirigé pourtant par le patron de la FNSEA en personne) ne joue pas le jeu du porc à 1,40 euro !

La restauration, enfin, reste la grande absente des tables rondes. Coincé par le code des marchés publics, qui interdit à la restauration collective d'introduire des critères d'origine géographique dans ses appels d'offre, le gouvernement a lui-même du mal à cacher son embarras sur le sujet.

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