Négociations 2021 : les tarifs des marques nationales ont baissé de -0,3%

27 avril 2021 - Yves DENJEAN

L’Observatoire de la négociation commerciale a dévoilé ses résultats pour la campagne 2021. Ce suivi qui concerne les produits alimentaires vendus sous marques nationales annonce une diminution des tarifs de -0,3%. Après une année 2020 de quasi-stabilisation.

« Le point d’atterrissage en 2021 […] est de l’ordre de -0,3% en prix trois fois net toutes catégories de produits confondues, alors que les demandes de hausses de tarifs de la part des fournisseurs étaient de + 3 %. » Voilà ce que vient de publier l’Observatoire de la négociation commerciale annuelle (ONCa).

Constitué en 2018 à la demande des ministères de l’Agriculture et de l’Économie, ainsi que des organisations professionnelles, ce comité de suivi placé sous l’égide de Francis Amand, médiateur des relations commerciales agricoles, permet d’arrêter un consensus sur l’évolution des tarifs des fournisseurs.

Même parcellaire, cet indicateur, qui concerne les produits alimentaires vendus sous marques nationales, éclaire les autorités sur « l’âpreté » des discussions entre la grande distribution et l’industrie agroalimentaire.

La baisse observée de -0,3% fait suite à une année 2020 de quasi-stabilisation des tarifs trois fois. « L’ambiance des négociations commerciales annuelles s’est significativement améliorée, soulignait d’ailleurs Francis Amand dans les colonnes de Linéaires en septembre dernier.

Une tendance un peu meilleure qu’en 2019

En revanche, l’ONCa avait mesuré pour la première fois en 2019 une chute de -0,4% des tarifs. Cette évolution cachait une grande hétérogénéité selon les catégories : avec une hausse de +1,4% des produits frais laitiers mais des baisses sévères sur l’épicerie salée (-0,8%) et sucrée (-0,9%).

En 2021, les disparités se confirment avec des écarts toutefois moins importants. Seule la famille des produits laitiers voit ses tarifs encore évoluer positivement contrairement aux autres catégories.

« Ces observations confirment que le secteur laitier et les œufs ont encore fait l’objet d’une attention spéciale en 2021, précise l’ONca. Le résultat plus défavorable du secteur « frais non laitiers » s’explique principalement par la baisse des tarifs d'achat de la charcuterie du fait de la baisse des cours du porc. Hors charcuterie, la déflation est moins élevée. »

Sans surprise, ce constat ne satisfait pas les organisations professionnelles. Dans un communiqué commun, l’Ania, l’Ilec, la Coopération agricole et la Feef dénoncent une nouvelle fois cette destruction de valeur et demandent au gouvernement d’intervenir en modifiant la loi Egalim. Objectif : renforcer la protection du tarif des fournisseurs industriels. Contactée par Linéaires, la Fédération du Commerce et de la Distribution n’a pas souhaité réagir sur les résultats de l’ONca.

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