LinéairesPrix : Leclerc reprend son dû !

23 août 2006 - Florent Vacheret

Leclerc is back ! La vague de relevés réalisée au premier semestre par l’équipe de Linéaires dévoile des résultats sans équivoque possible : le mouvement d’indépendants est à nouveau le moins cher sur notre panier de grandes marques leaders de l’alimentaire. Et de quelle manière. Avec un indice de 96,3 (soit 3,7 % moins cher que la moyenne nationale), Leclerc affiche une compétitivité qu’on ne lui avait jamais connue depuis la création de l’indicateur LinéairesPrix en 2000 ! Surtout, il gagne 2,7 points sur son indice du second semestre 2005. Un gouffre. « On verra bien ce que donneront les comptes d’exploitation à la fin de l’année, lâche cet adhérent proche de la direction du mouvement. Il n’est pas certain que nous changerons notre grosse voiture cette année, mais nous aurons toujours de quoi mettre de l’essence dedans », image-t-il. « Clairement, nous nous sommes remobilisés, confirme un autre. Voir Carrefour se gargariser d’être passé devant nous dans votre classement nous donnait des boutons ! Et même si elle a été très critiquée, l’initiative prise par Michel-Edouard Leclerc avec son site de comparaison de prix a fini de nous botter les fesses en interne. Nous avions pour consigne d’être « bordés » sur les produits majeurs depuis plusieurs mois. »

Grand écart entre les discounters et la queue du peloton

Concrètement, les prix du panier Linéaires - dont il est bon de rappeler que le contenu n’est pas public - ont baissé de 2,8 % chez Leclerc (comparé au second semestre 2005). Un chiffre à rapprocher du - 0,1 % affiché par le panier toutes enseignes confondues. Une « atonie nationale » des prix, qui pourrait laisser croire que la loi Dutreil est restée sans effet. Ce n’est qu’un trompe-l’œil... Plus de 12 points séparent les deux extrémités du classement, avec Leclerc d’un côté et Monoprix de l’autre. Une fois encore, un tel grand écart relève du jamais vu depuis la création de LinéairesPrix.
Dans le détail, les prix ont baissé dans les cinq enseignes qui faisaient déjà la course en tête : Leclerc, Intermarché, Carrefour, Super U et Auchan. A l’inverse, les distributeurs qui occupaient la queue du peloton sont aussi ceux chez qui les prix ont augmenté au premier semestre : plus de 4 % de hausse chez Monoprix, près de 2 % pour les supermarchés Casino, plus de 1 % chez Cora. CQFD : le fossé s’est creusé d’un coup entre les discounters volontaristes et les autres, comme Linéaires l’anticipait d’ailleurs lors de la publication de la précédente vague de relevés (n°211, p. 24).
Parmi les bons élèves du prix bas, Intermarché confirme son retour à de très bonnes dispositions. « La vente de Spar dans de meilleures conditions financières qu’escompté, nous donne les moyens de nous battre, assure Michel Pattou, le patron des Mousquetaires. Les adhérents retrouvent le goût du discount, une bonne dynamique est enclenchée, c’est enthousiasmant. » Bref, il va falloir compter avec les quelque 1 470 Intermarché… Non loin derrière, Super U complète un brillant tableau pour les indépendants : ils occupent trois des quatre premières places. Là encore, c’est une première.

Le groupe Casino remonte ses prix

Côté déceptions, le groupe Casino est à la peine sur ses trois enseignes. La situation n’a encore rien de catastrophique pour Géant, même si, de toute évidence, les hypers stéphanois ne font plus preuve de la même agressivité depuis janvier. La situation s’avère en revanche déjà préoccupante pour Monoprix et les supermarchés Casino, sérieusement à la traîne. Si la tendance devait se confirmer, ne vont-ils pas en payer les conséquences au prix fort ? A un autre degré, sur le format hyper, la question vaut tout autant pour Cora, dont la courbe d’indice affiche une pente inquiétante depuis fin 2004. Comment imaginer que les clients de l’enseigne puissent durablement fermer les yeux sur un différentiel de prix supérieur à 5 % avec Carrefour et Leclerc, les deux leaders du circuit ?

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Trois questions à Michel-Edouard Leclerc

Quelle réaction vous inspire le leadership retrouvé de votre enseigne, selon l’enquête de Linéaires ?

Ces résultats corroborent ceux dont nous disposons par ailleurs, que ce soit sur les grandes marques ou sur l’exhaustif. Et je me félicite bien sûr de ce que Leclerc retrouve la position de leader qui aurait toujours dû être la sienne…

Vous vous êtes montré assez critique sur l’indice Linéaires à l’occasion du lancement de votre propre site quiestlemoinscher.com. Nos résultats n’en restent pas moins favorables pour votre enseigne au premier semestre…

Pour être clair, je ne critique pas les indicateurs comme le vôtre, même si j’estime effectivement qu’un échantillon de 100 voire 300 produits est insuffisant. Ce que je critique surtout, c’est ce qu’on fait dire à ces indicateurs portant uniquement sur des grandes marques. Linéaires n’a jamais prétendu que Leclerc n’était plus globalement le moins cher, mais certains médias et concurrents ont fait ce raccourci. Notre propre comparateur de prix, dont on entendra bientôt parler à nouveau, se devait d’empêcher nos concurrents de s’accaparer à peu de prix notre réputation de leader…

Sur les grandes marques, la suprématie historique de Leclerc a néanmoins bien été mise à mal par un Carrefour très agressif…

Je confirme que nous avons eu un incident de parcours fin 2005 et début 2006. Carrefour a pris Leclerc pour lièvre et nous a « taclé ». Pour dire les choses pudiquement, nous n’avons pas voulu prendre le risque juridique de suivre leur politique de prix. Mais qu’on se le dise, on ne nous y reprendra plus…

Propos recueillis par Florent Vacheret

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