Leclerc et Carrefour répondent à la campagne dénigrante du Synadis bio

14 novembre 2019 - J. Bertin, avec A. Beautru

Lors des Assises de l’agriculture biologique organisées à Paris ce 14 novembre, Michel-Edouard Leclerc et Benoît Soury (Carrefour) ont partagé leur réaction vis-à-vis de la campagne à charge du syndicat des distributeurs spécialisés en bio.

Depuis ce mercredi 13 novembre, le Synadis bio diffuse sur Internet et au cinéma une campagne de communication qui prend à partie les enseignes de grande distribution généralistes pour défendre l'éthique dont ne ferait preuve que les spécialistes du bio (lire Les spécialistes du bio se payent les GMS (et pas qu’un peu)). Carrefour et Leclerc commentent.

La 12e édition des Assises de l'agriculture biologique, organisée par l'Agence bio, se sont tenues le 14 novembre à Paris.

Benoît Soury, directeur du marché bio de Carrefour et représentant de la FCD

« J’ai été très choqué par la dernière communication que Biocoop, associé à d’autres enseignes, a fait paraître mercredi dernier. Franchement, laisser paraître une communication qui donne à la grande distribution le mauvais rôle, opposant aussi les producteurs entre les bio et les non bio, et les présentant en vassaux de la grande distribution, c’est un choix que le Synadis bio a fait. J’ai été président du Synadis pendant un certain nombre d’années et je peux vous dire que je suis très content de ne plus en être adhérent !

Franchement, si on va vers un travail collaboratif, si on écoute les consommateurs et si on investit dans les filières et en partenariat à long terme, on a raison. Mais vis-à-vis du grand public, il ne faut pas commencer à s’opposer. Nous avons mis tellement d’années à mettre en place des cahiers des charges, qui sont certes critiquables mais qui ont fait un certain nombre de synthèses. Si l’on continue à les critiquer et à dire qu’il existe des bio à plusieurs vitesses, je pense qu’on est sur un axe dangereux. »

 

Michel-Edouard Leclerc, PDG de Leclerc

« J’ai bien aimé le film. C’est une parodie qui m’a rappelé ce que j’ai pu faire à l’encontre des pharmaciens, par exemple. Je le prends donc au second degré. En plus, ça se retourne contre les signataires, car Biocoop, pour la plupart des gens à Concarneau, c’est une grande surface !

C’est un film pour dire : « nous, on ne fait pas de la bio pour faire du fric ». J’imagine aujourd’hui Jean-Charles Naouri avec ses créanciers apprenant que Naturalia vend du bio sans faire du fric. Sûr que ça va barder chez les actionnaires.

Sur le fond, il faut sortir du débat sur les purs et les impurs. Ce qui est important, c’est la transition. A partir du moment où nous avons décidé - avec plus ou moins de compétence, d’expertise ou de sagacité - d’aller vers un modèle mieux disant, on sait qu’on ne va pas y aller tout seul. Et l’on sait qu’on ne va pas y aller contre les gens, ni contre les agriculteurs, ni contre les salariés de la distribution… Tout le monde a le droit d’être dans la transition et il n’y a pas forcément qu’une seule voie vers la transition. Ce qui est important, c’est l’accompagnement de cette transition. »

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