Tout l’encadrement impliqué dès le départ

Le pari de Super U Saint-Gildas-des-bois (44)

9 mars 2004 - Elodie Martel

Un maître-mot : la concertation. « La mise en place d’un nouvel organigramme au Super U de Saint-Gildas-des-Bois est l’affaire de tous », résume Cyrille Moreau , le directeur de ce supermarché de 2 500 m2. Seule l’idée et la détermination des titres des nouvelles fonctions sont finalement à mettre à son strict actif. Les missions ont, quant à elles, été définies collectivement.
Pour anticiper le départ de son père, Jean-Paul, Cyrille Moreau prend la décision il y a quelques mois de revoir l’organisation du magasin. Objectif : se dégager du temps et faire évoluer son équipe d’encadrement, jusqu’alors composée, très classiquement, de chefs de secteurs et chefs de rayon. Pour l’aider, il fait appel à un consultant. « 5 à 10 % des supermarchés commencent à réfléchir à l’avenir de leurs magasins et à revoir leur organisation interne, ajoute le prestataire,
Depuis l’ouverture du premier hypermarché, l’organigramme des magasins n’a quasiment pas bougé. Or, le commerce ne répond plus aux mêmes règles qu’il y a quarante ans. Les modèles d’organisation doivent donc évoluer ». D’où la création de cinq fonctions transversales (voir encadré), dont celle de directeur commercial. Sa mission consiste à développer le chiffre d’affaires du magasin par tous les moyens qu’il juge nécessaires (trafic, politique tarifaire, etc.), à condition d’avoir reçu l’accord du directeur général (rôle assumé par Cyrille Moreau). Bref, le client doit être au centre de ses préoccupations. Pour répondre aux attentes de ce dernier, le directeur commercial collabore principalement avec deux directeurs opérationnels : l’un dédié aux métiers, l’autre au libre-service.

Les caisses traitées comme le trad

Le premier prend en charge tous les rayons traditionnels tandis que le deuxième se concentre sur le reste du magasin. Petite originalité supplémentaire : la ligne de caisses et l’accueil sont sous la responsabilité du directeur opérationnel métier. « L’image que donne une caissière aux clients est aussi importante que celle laissée par la crémière ou le boucher », insiste Cyrille Moreau. Les opérationnels sont ensuite secondés par des chefs de rayon. Pour intégrer une dimension hygiène et qualité de plus en plus contraignante, un poste de directeur qualité, hygiène et sécurité a également vu le jour. Les tâches administratives et financières incombent quant à elles au cinquième directeur.
Originale dans sa définition, la nouvelle organisation l’est aussi dans sa mise en application. Lors de la première réunion de réflexion, des affiches portant le nom des nouvelles fonctions étaient disposées autour de la salle. Les membres de l’encadrement devaient se positionner eux-mêmes sur une des fonctions. « La répartition s’est faite naturellement et je n’ai pas eu à trancher pour attribuer un poste à chacun », se félicite le directeur.
« L’erreur à ne pas commettre lorsqu’on modifie une organisation consiste à imposer son idée sans chercher à discuter avec les hommes. Mieux vaut au contraire les impliquer dès le départ dans la réflexion », reprend le consultant. Chacun a ensuite réfléchi au contenu de sa future fonction. L’organigramme devrait être appliqué dès le 1er avril. « Nous nous donnerons ensuite six mois avant de rectifier le tir, si besoin », conclut Cyrille Moreau. Pour peu que les contours des rôles de chacun soient bien définis et respectés, la réorganisation parait bien engagée.

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