Le fantasme du magasin sans caisse

Le fantasme du magasin sans caisse

Aux États-Unis, Amazon prolonge l'expérimentation de son premier magasin sans caisse. En Suède, une chaîne de cafés a racheté une technologie inventée par un entrepreneur local et teste un premier magasin sans personnel à Shanghai.

Amazon était allé un peu vite en besogne quand il promettait, en décembre dernier, que son prototype Amazon Go, à Seattle, serait ouvert au public début 2017. Le point de vente de 170 mètres carrés, dont l'offre se concentre sur le snacking et la restauration (avec du personnel pour la fabrication sur place des sandwiches, ce n'est donc pas un magasin sans employés), est encore en version bêta réservée au personnel du groupe.

Identifié au préalable par l'activation de son appli mobile et suivi dans les rayons par une batterie de caméras et de capteurs sur les étagères, le client d'Amazon Go est "observé" en permanence. Tout ce qu'il saisit est ajouté à son panier, tout ce qu'il repose est retiré du panier. La sortie du magasin déclenche le paiement. Voilà pour la théorie.

La présentation d'Amazon Go

En pratique, le Wall Street Journal a révélé que l'Américain tâtonnait encore. En gros, au-delà de 20 clients présents en même temps dans le point de vente, caméras et capteurs sont perdus. Idem quand un article n'est pas redéposé à sa place d'origine. Bref, l'ouverture est retardée, mais l'expérimentation, pour ceux qui en doutaient, semble donc bien réelle. Et elle se poursuit.

Début 2016, un entrepreneur suédois, Robert Ilijason, avait inventé la première épicerie de village automatisée, sans personnel, ouverte 24 heures sur 24. C'était déjà via une application mobile que le client déverrouillait la porte du magasin puis scannait ses achats. Des caméras de surveillance (outre l'identification à l'arrivée) se chargeant de dissuader les petits filous.

En Suède, la première épicerie de village automatisée

Faute d'avoir pu dupliquer son modèle, Robert Ilijason a revendu son bébé, fin 2016, à la chaîne de cafés suédoise Wheelys, avec qui il travaille aujourd'hui.

Wheelys est une jeune société qui joue à fond les codes de la disruption : des chariots à vélo en guise de boutiques, un assortiment 100% bio, une présidente aux cheveux bleus, un discours anti Starbucks et un positionnement "fuck the brands" clamé sur tous les toits. Bref, une stratégie marketing qui en vaut une autre.

Déjà présente dans 45 pays (mais avec seulement 250 vélos "franchisés"), la jeune pousse vient d'ouvrir, à Shanghai, sa première boutique en dur, sur 50 mètres carrés, sans personnel. Sur la base de la technologie mise au point par Robert Ilijason, donc.

La boutique automatisée de Wheelys

Évidemment, forte de l'historique de l'entrepreneur suédois, Wheelys ne se prive pas, aujourd'hui, de braver Amazon de la même manière qu'elle défie Starbucks depuis ses débuts. C'est Amazon qui copie Wheelys, et non l'inverse.

En France, pendant ce temps, les distributeurs expérimentent les casiers de retrait en guise de magasins automatiques ou le "lâcher de Caddie" en proximité urbaine. Proposé par Monoprix (qui en a profité pour "contre-buzzer" sur Amazon Go) et en cours de déploiement chez Franprix, ce service consiste pour le client à laisser son chariot plein en magasin, sans rien scanner ni payer, pour se faire livrer à domicile et seulement alors régler ses achats. Moins spectaculaire, mais déjà opérationnel.

La parodie d'Amazon Go par Monoprix

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