Le cri d'alarme de Michel-Edouard Leclerc et Dominique Schelcher sur le mur de l’inflation à venir

9 novembre 2022 - Patricia Bachelier

Alors qu’Alexandre Bompard présentait hier à la presse son plan stratégique pour Carrefour, Michel-Edouard Leclerc et Dominique Schelcher se sont succédé au micro de BFM : à 8h30 sur BFM TV/RMC pour le président du comité stratégique des centres Leclerc et à 19h30 sur le plateau de BFM Business pour celui de Système U. Leur sujet du moment ? L’inflation, une nouvelle fois., remise sur le tapis à l'approche des négos 2023.

Risque de récession

Partageant les hausses de tarif demandées par les industriels (+ 10% pour le café, + 15% pour les huiles et assaisonnement, + 17% pour les légumes en conserve ou encore + 41% pour le petfood), Michel-Edouard Leclerc a qualifié de tsunami la vague d’inflation prévue en 2023. « On a réussi à contenir les prix un peu mieux que d'autres cette année, mais avec cette crainte d'inflation massive, j'alerte sur la possibilité d'une récession en janvier ou février : il y a un vrai risque. »

L’emblématique porte parole du groupement a notamment pointé du doigt l’explosion de la facture énergétique subit par les fournisseurs regrettant le manque de clarté de l'Etat sur leur soutien. « Les pouvoirs publics n’ont pas clairement dit ce que les industriels devront faire avec leur tarif d’électricité. Ils ont une facture qui va être multipliée par 4, 5 ou 6 mais ne le sachant pas, ils tentent de passer un maximum de hausse, par anticipation. »

Un cycle d’inflation durable

Si Dominique Schelcher ne partage pas le qualificatif de tsunami donné par son concurrent à l’inflation, il a livré une analyse tout aussi pessimiste. « Cette année on a répercuté la hausse des coûts de matières premières et les impacts liés aux pénuries. On a devant nous, en 2023, celle des prix du gaz et de l’électricité. Derrière, il y aura une troisième vague avec le coût de la transition écologique. On rentre dans un cycle d’inflation durable. Il finira par baisser, mais personne ne peut dire quand. Sans doute pas en 2023. »

-10% pour la consommation en Allemagne

Dominique Schelcher a pointé le changement de comportement des Français dans ce contexte de forte tension sur le pouvoir d’achat : « 75% d'entre eux ont modifié leur consommation de tous les jours. C’est du jamais vu. Ils font des choix et les plus fragilisés achètent moins. Cette baisse est préoccupante. »

Le patron des U a admis regarder désormais les ventes en volume et non plus en chiffre d’affaires. Avec comme toile de fond la situation en Allemagne. « La consommation a baissé de 10 % tellement l’inflation est forte. »

 

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