Le conseil de Casino rejette le projet brésilien

Sans surprise, le conseil d'administration de Casino, réuni ce matin, a rejeté en bloc l'offre de fusion des activités de GPA et Carrefour au Brésil. Le conseil "a constaté à l'unanimité, à l'exception de Monsieur Diniz, que le projet est contraire aux intérêts de GPA, de l'ensemble de ses actionnaires et de Casino", déclare le groupe dans un communiqué.

Le conseil de Casino dénonce tout à la fois une vision erronée de la stratégie de GPA, une surestimation des synergies, des risques d'exécution, un projet dilutif pour les actionnaires de GPA et destructeur de valeur.

Dans le détail, Casino estime que GPA serait davantage exposé au format hyper, en déclin et qu'une participation minoritaire dans Carrefour ne lui permettrait pas d'avoir la maîtrise de son internationalisation. En outre l'achat d'une participation dans Carrefour "représente aujourd'hui un choix d'investissement risqué compte tenu des doutes exprimés par les marchés sur sa stratégie [...]"

S'agissant des synergies, Casino juge que leur évaluation par Gama sur une base de 3,2 % du CA est largement supérieure aux standards, estimés à 1 % (sur la base de 10 opérations similaires). Selon les travaux menés par le cabinet Roland Berger, mandaté par Casino, une base de synergie chiffrée à 0,8 % du CA serait plus réaliste.

Concernant les risques d'exécution, Casino pointe une concentration excessive dans les états de Sao Paulo (63 % de part de marché) et de Rio (40 %), faisant prendre le risque de cessions d'actifs significatif, et l'effet de concurrence frontale entre les réseaux : 40 % des magasins seraient présents sur une même zone de chalandise.

Surtout, les termes financiers "conduiraient à une dilution massive et injustifiable des actionnaires de GPA", selon Casino, via l'entrée au capital de la BNDES et de BTG (2 milliards d'euros). GPA perdrait le contrôle de ses actifs "avec un faible multiple et sans prime". Au passage, Casino juge que la transformation de GPA de société opérationnelle en holding "qui ne contrôlerait aucun de ses actifs" lui vaudrait une décote, estimée à 18 %, faisant donc "courir le risque d'une destruction de valeur pour les actionnaires de GPA".

Casino précise qu'Abilio Diniz a participé aux débats, a réaffirmé son soutien à l'opération et n'a pas souhaité prendre part au vote.

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