8e édition de notre palmarès exclusif

Indice LinéairesPrix : les hypers reprennent la main

1 février 2004 - Linéaires

Ils n’ont pas dit leur dernier mot. Au second semestre 2003, les hypers ont fait la démonstration de leur agressivité tarifaire. Pour la première fois depuis la création du palmarès exclusif LinéairesPrix, il y a quatre ans, les enseignes d’hypermarchés réalisent un tir groupé général en tête du classement : elles occupent cinq des six premières places. Seul Super U (quatrième) parvient à jouer les trouble-fêtes. La performance est d’autant plus remarquable que l’indice LinéairesPrix ne tient compte que des prix « conventionnels ». Autrement dit, les mécanismes de type bons d’achat/ticket, sur lesquels les hypers conservent une longueur d’avance, ne sont pas intégrés dans les calculs. L’écart réel en termes de pouvoir d’achat s’avère donc encore supérieur. Au passage, ces résultats battent en brèche l’idée voulant que l’avantage prix des hypers sur les supers ne relève plus que de l’histoire « pré-gallandienne ». Même si l’écrasement des écarts est une réalité incontestable.
Dans le détail du classement, Leclerc reste solidement accroché à son fauteuil de premier discounter national. Il reste le seul et unique membre permanent du club des « moins de 98 », avec un indice quasiment inchangé depuis 2001 (97,9 ce semestre). Les surprises sont à chercher du côté des challengers directs. Le premier d’entre eux n’est autre qu’Auchan. Après un ramollissement passager lors de la première vague 2003, l’enseigne nordiste a clairement retrouvé l’agressivité tarifaire qui la caractérisait depuis début 2001. Son indice enregistre une baisse, très significative, de 0,7 point sur le semestre (98,5). Bien que nettement plus volubile s’agissant de vanter ses vertus discount, Carrefour n’est plus efficace pour autant. Son indice se stabilise autour d’un respectable 99.

Champion constant à 100,7

A l’instar de Carrefour, la stabilité globale des indices est le deuxième enseignement majeur de ce second semestre 2003. Ainsi, pour huit des douze enseignes étudiées (Leclerc, Carrefour, Géant, Atac, Champion, Match, Casino, Monoprix), les évolutions sont quasiment insignifiantes : égale ou inférieure à 0,2 point d’indice. De ce fait, la queue du peloton reste figée. Monoprix confirme sa propension nouvelle à naviguer entre 104 et 105, plutôt que son traditionnel 106/107. « Scotché » à 102, Casino reste pénalisé par le manque de compétitivité prix de ses franchisés. Lesquels n’ont pas encore tous, loin s’en faut, adopté la nouvelle enseigne Spar Supermarchés qui leur est dévolue. Même constance et même déception concernant Champion, qui semble se satisfaire d’un neuvième rang (100,7) pourtant peu glorieux pour une enseigne résolument orientée discount et dont « l’ancêtre » Stoc faisait des étincelles en la matière.
Outre Auchan, la seule évolution très significative concerne Intermarché. Les Mousquetaires connaissent un effritement inquiétant de leur compétitivité. L’enseigne cède 0,9 point sur la période pour finir sa course au-dessus de la barre symbolique des 100 (100,3). C’est la première fois depuis la création de LineairesPrix. Surtout, la tendance haussière était déjà amorcée (+ 0,8 point au 1er semestre) et ne fait que s’accentuer. Jusqu’à début 2002, Intermarché s’était pourtant constamment situé aux environs de 98,5. C’est donc près de deux points qui ont été cédés en 18 mois. Colossal. A ce niveau, le hasard des échantillons de magasins relevés n’a plus sa place, même s’agissant d’un groupement d’indépendants, par nature moins homogène qu’une enseigne intégrée. Ce laisser-aller s’avère d’autant plus incohérent qu’Intermarché a retrouvé en 2003 une vraie dynamique commerciale (fidélité, prospectus, communication, etc.). A croire que la générosité des bons d’achats et autres 100 % remboursés légitime une moindre abnégation sur le fond de rayon…

Les marques restent enfin sages

Outre le classement des enseignes, les quelque 15 000 prix relevés par Linéaires sur le semestre permettent de tirer des conclusions sur l’évolution du prix des grandes marques. Bonne nouvelle, la valse des étiquettes s’est arrêtée depuis l’été : seulement + 0,3 % en comparaison des six premiers mois de 2003. Sur un an, la hausse est contenue à 1,2 %. On n’avait plus vu pareille modération depuis belle lurette ! Mieux, sur les 102 produits leaders composant le panier Linéaires, un tiers a vu son prix moyen baisser depuis six mois. Bémol, néanmoins, cette accalmie doit beaucoup aux produits laitiers et charcutiers, qui ne font que refléter respectivement la baisse des cours du lait et du porc. Mais c’est déjà ça…

Méthodologie

Entre juillet et décembre 2003, l’équipe de Linéaires a visité 150 magasins dans toute la France, relevant les prix de 102 références en épicerie, liquides, produits frais et surgelés. 94 sont des produits de grande marque présentant la triple caractéristique d’une forte diffusion, d’un CA élevé et d’une importante notoriété (Bio de Danone x 4, Nutella 750 g, Coca-Cola 1,5 l, etc.). Ils totalisent un chiffre d’affaires estimé de 6 milliards d’euros. En outre, Linéaires a ajouté 7 références de premiers prix basiques : farine T 55, poulet PAC, litre de lait, etc. Enfin, la symbolique baguette de pain a été intégrée au panier.

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