Etes-vous prêt à franchir le cap ?

5 janvier 2006 - Benoît Merlaud

Petit test de personnalité. En matière d’activités extra-professionnelles, vous êtes : 1/- touche-à-tout, débrouillard, vous avez toujours essayé de nouvelles pratiques ou 2/- vous ne changez pas vos habitudes, et il est hors de question de vous mettre au bricolage parce qu’on n’y gagne que des coups de marteau sur les doigts. Vous avez répondu 2/ ? Passez votre chemin, cet article ne vous concerne pas.
Deuxième question. Dans la vie courante, votre rythme, c’est plutôt : 1/- aucune de vos journées ne ressemble à une autre ou 2/- vous êtes du genre rituels, rien ne vous fera rater, par exemple, votre émission de sports du dimanche matin ? Si la réponse est 2/, ne perdez pas davantage votre temps. Tournez la page et allez plutôt voir dans « l’actu » de Linéaires ce qui s’est passé d’important le mois dernier.

Peu d’ambitions hors normes

Vous êtes encore là ? Bravo, vous avez (peut-être) le profil du distributeur aventurier, celui qui rêve de conquêtes et qui est capable de chambouler son plan de carrière. Quitte à sortir du schéma classique de la progression en grande distribution. En début d’année, lorsque Linéaires avaitinterrogé, avec l’institut IRS, 613 chefs de rayon alimentaires, ils étaient bien peu à afficher des ambitions « hors normes » (voir notre dossier d’avril 2005). Le gros des troupes voulait surtout conserver sa place (24 % des réponses) ou grimper dans la hiérarchie en magasin. 23 % se voyaient bien devenir chef de secteur et 14 % directeur.
Les carrières moins rectilignes étaient peu citées. 4 % seulement des chefs de rayon envisageaient de quitter la distribution pour occuper des fonctions commerciales ou marketing en entreprise. Et ils n’étaient que 3 % à s’imaginer propriétaire d’un magasin, en tant qu’indépendant ou franchisé.
Réelle frilosité ou pudeur à dévoiler des rêves un peu fous ? Sans doute les deux. En grimpant dans la hiérarchie, en outre, les réponses auraient sûrement été différentes. Pour les directeurs de magasin ou les acheteurs en centrale, les enseignes ont moins de perspectives d’évolution à offrir.
Ceux qui ont franchi le pas et pris un vrai tournant, en tout cas, sont finalement assez nombreux. Pas étonnant, sur les 500 à 600 000 emplois que compte la grande distribution. Dans le lot, certains ont fait la démonstration qu’il est encore possible de créer son entreprise. Ils ont monté une industrie, un cabinet de conseil ou même leur propre magasin.

Le fantasme de l’expatriation

Le paysage commercial français, pour saturé qu’il soit, offre de belles opportunités. Certes, rares sont ceux qui peuvent prétendre construire ou reprendre un gros Leclerc (99 % des chefs de rayon de l’enseigne n’ont même pas l’idée en tête). Mais avec un capital modeste, il est possible d’ouvrir une supérette ou un hard-discount.
Attention, en revanche, aux mirages de l’expatriation. Si beaucoup de cadres ont pu réaliser ce « fantasme » dans les années 90 (une contrée exotique, un niveau de vie exceptionnel), les places se font aujourd’hui plus rares. En concentrant leurs efforts sur les pays les plus prometteurs, les enseignes ont structuré la distribution sur place. Même pour l’encadrement, elles font désormais appel à une main-d’œuvre locale. Il ne reste plus, alors, que deux options : chercher un poste dans une région (vraiment) isolée ou offrir ses compétences à une chaîne étrangère, intéressée par le savoir-faire français. Là encore, il vaut mieux être de tempérament aventureux.

Ils rêvent de…

… se mettre à leur compte
Part des chefs de rayon qui déclarent vouloir devenir un jour propriétaire d’un magasin, indépendant ou franchisé.
Toutes enseignes : 3 %
- chez Intermarché : 10 %
- chez U : 8 %
- chez Carrefour : 5 %
… mais seulement 1 % chez Leclerc.

… travailler pour un fournisseur
Part des chefs de rayon qui déclarent vouloir quitter la distribution pour occuper des fonctions commerciales ou marketing.
Toutes enseignes : 4 %
- chez Match : 11 %
- chez Auchan : 7 %
- chez U, chez Leclerc : 6 %
- chez Carrefour : 5 %

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