Drive : une difficile adaptation à l’explosion de la demande

24 mars 2020 - Patricia Bachelier

 

Après plusieurs jours de cohue dans les magasins, les clients se sont massivement tournés vers les drives, faisant sauter les serveurs ou bloquant tous les créneaux horaires en un rien de temps. Alors qu’Auchan Drive annonce sur sa page d’accueil ne pas prendre de commandes au-delà de trois jours, il faut ailleurs accepter d’attendre parfois bien longtemps plus pour pouvoir récupérer ses courses. Et pour cause, les difficultés à surmonter sont nombreuses.

« Pour l’instant nous manquons de bras, car notre équipe drive habituelle est submergée, affirme cet Associé d’un Super U breton. Notre objectif est bien de monter en puissance, mais il est essentiel que l’activité en magasin, qui subit de nombreux à-coups, soit stabilisée, en termes de flux clients et de disponibilité des marchandises. Le drive va mobiliser du personnel en plus, qui ne gère pas ces tâches d’habitude. La polyvalence n’est pas toujours aisée à mettre en place en temps normal, alors dans la période de crise actuelle avec le stress qui l’accompagne, c’est encore plus compliqué. Nous devons être vigilants avec nos salariés qui font déjà preuve d’une belle abnégation. »

Pour cet adhérent Leclerc du Nord, les grandes manœuvres ont déjà commencé depuis une semaine pour absorber des commandes multipliées par deux. « Nous avons basculé 22 personnes de l’hyper vers notre entrepôt et nous recrutons de la main-d’œuvre. Nous avions deux équipes jusqu’alors, une le matin et une autre en fin de journée. Depuis une semaine, une troisième travaille le soir et désormais une quatrième est opérationnelle le dimanche. Avant-hier nous avons fait en drive le chiffre d’affaires d’une journée en hyper, c’est vous dire la demande. »

Près de 50 % du CA en drive

Si les bras sont désormais presque suffisants dans cet hyper, qui réalise près de 50 % de son CA en drive, la limite vient du stockage des marchandises. « Je n’ai pas de problème d’approvisionnement depuis la centrale, mais un manque physique de place dans mon entrepôt si j’ouvre les créneaux trop longtemps à l’avance, témoigne l’adhérent. L’avantage de cette situation en revanche, c’est que je ne limite plus les quantités en boucherie ou fruits et légumes comme avant. Nous avons une visibilité sur des commandes à plusieurs jours, ce qui permet de s'ajuster sans risque de casse ou de rupture. »

 

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