Développement durable : Wal-Mart pousse un consortium mondial

6 décembre 2011 - Pascal Kuipers avec F. Vacheret

The Sustainability Consortium (TSC) vous connaissiez ? Créée en juin 2009 aux Etats-Unis, cette structure veut mettre en place des méthodes de pilotage en matière de « durabilité », jusqu’au calcul du cycle de vie des articles. Fournisseurs et distributeurs sont invités à rejoindre TSC dans cette œuvre commune. Et la porte est aussi ouverte aux ONG, aux scientifiques et aux instances gouvernementales.

TSC a vu le jour sous l’impulsion du numéro un mondial de la distribution. “Wal-Mart voulait créer un indice de développement durable pour évaluer chaque produit sur une série de critères environnementaux et sociaux, explique Koen Boone, directeur exécutif de TSC Europe. Mais c’était un sujet sensible aux USA. Les fournisseurs avaient peur d’être déréférencés suite à l’application de normes plus ou moins arbitraires. Par ailleurs, Wal-Mart, comme les autres, a été confronté à la complexité de la tâche. D’où l’idée de proposer un organisme indépendant, scientifiquement solide, et d’appeler d’autres entreprises à en faire partie, chacun payant son adhésion.

Aux Etats-Unis, les garanties scientifiques des travaux sont apportées par les universités de l’Arizona et de l’Arkansas. En Europe, où il vient tout juste de s’implanter, le Consortium a confié ce rôle à l’université néerlandaise de Wageningen.

Ahold et M&S jouent les précurseurs en Europe

Plusieurs fournisseurs internationaux majeurs ont rejoint TSC : Unilever, P&G, L’Oréal, Henkel, Coca-Cola, etc. Mais les distributeurs se font encore rares : Kroger, Safeway et Best Buy aux Etats-Unis. En Europe, le Néerlandais Ahold (très présent aux USA également) et l’Anglais Marks & Spencer jouent les précurseurs.

« Les entreprises ont besoin de repenser leurs produits et leurs process, prêche Imke de Boer, professeur à l’université de Wageningen. Ce n’est qu’en connaissant le cycle de vie complet, depuis les matières premières jusqu’au recyclage, que l’on peut identifier les points critiques en termes d’impact sur l’environnement et, de là, inventer les solutions innovantes de demain ».

« C’est le coeur de notre travail, renchérit Bonnie Nixon, la patronne de TSC. Au delà de la mesure de l’impact environnemental, nous voulons accompagner les entreprises pour développer de nouveaux produits, de nouveaux business models. Les consommateurs sont de plus en plus sensibles à ces sujets, mais ils restent perdus devant le foisonnement de slogans et de labels auxquels ils sont soumis. »

25 % des marchandises mondiales pour les 100 premières entreprises

Les consommateurs attendent de nous de la transparence et un sourcing durable, renchérit Kiki Stiemer, senior vice president d’Ahold European Sourcing. Nos huile de palme, soja, café, thé, cacao et produits de la mer répondent à des certifications. Mais il faut aussi se mettre à la place de nos fournisseurs asiatiques qui doivent parfois jongler avec 70 procédures d’audit différentes ! D’où l’urgence de standards communs, établis en collaboration avec les autres opérateurs, mais aussi les autorités, le monde scientifique et les ONG.

Ahold, Delhaize et Carrefour sont en train de repenser leur approche du sourcing”, observe Helen van Hoeven, directrice internationale du WWF. Les 100 premières entreprises totalisent un quart des marchandises échangées dans le monde. Elles peuvent donc faire bouger les choses. »

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