Covid-19 : L’agriculture recrute les salariés au chômage partiel

26 mars 2020 - Agathe Lejeune

Oui, il est possible de cumuler deux emplois. Du moins en cette période d’urgence sanitaire. Car la production manque de bras. Pour pallier le manque d'ouvriers agricoles, les demandeurs d’emploi, mais également les employés au chômage partiel et autres bonnes volontés, sont invités à participer à l’effort de guerre.

 

« Nous avons besoin de 200 000 personnes sur les trois mois qui viennent et 45 000 sur le seul mois de mars », a fait savoir Christiane Lambert, présidente de la FNSEA mardi sur RTL. Crise du coronavirus oblige, la main-d’œuvre étrangère est restée confinée chez elle et les arrêts de travail se multiplient. Les filières fruits et légumes ne font pas exception : « Si je ne peux pas semer mes tomates, aubergines et concombres, il n’y aura pas de produits cet été », illustrait, sur la même antenne, une productrice en Normandie, qui démarre actuellement sa récolte d’asperge.

Ainsi, pour pallier le manque d'ouvriers agricoles, les demandeurs d’emploi, mais également les employés au chômage partiel et autres bonnes volontés, sont invités à participer à l’effort de guerre. Pour mettre en relation cette main-d’œuvre inédite et les agriculteurs, Pôle emploi devrait bientôt ouvrir une plateforme dédiée, accessible à tous. Le gouvernement renvoie également vers d’autres initiatives, comme « des bras pour ton assiette » sur le site de WiziFarm Mission. Une sacrée mise en lumière pour la start-up née en 2018.

On peut d’ores et déjà voir, sur ce site de mise en relation, près de 140 offres d’emploi, dont bon nombre sont à pourvoir immédiatement, parmi lesquelles figurent : trieur de carottes, cueilleur de fraises, et même planteur ou tâcheron pour la taille des arbres. En face, 30 000 candidats potentiels seraient déjà inscrits ! Saturé, le site se trouvait d’ailleurs hors service hier, 25 mars. Mais gageons que chacun trouve chaussure à son pied. Et qui sait, la crise sanitaire pourrait créer quelques vocations dans le secteur primaire.

Pour faciliter la manœuvre, le gouvernement a pris plusieurs mesures exceptionnelles comme la possibilité de cumuler deux salaires, sous réserve d’une autorisation de l’employeur initial. Les agriculteurs et maraîchers éphémères devront aussi pouvoir être libérés sept jours avant la reprise de leur emploi habituel.

De leur côté, les GMS se sont engagées à privilégier l’origine France et incitent les Français à consommer des fruits et légumes de saison. Car en aval, le tableau n’est pas brillant non plus. Avec la fermeture des marchés ouverts, nombre de petits producteurs se retrouvent en réelle difficulté. « Nous allons payer comptant les factures de toutes les PME/TPE qui livrent nos entrepôts », rappelait hier Dominique Schelcher, le président de Système U. Reste aux Français à troquer les pâtes contre les asperges.

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