Carrefour ose la vente de produits dont la date est dépassée

17 octobre 2019 - Jade Bidaux

Carrefour teste la vente de produits dont la date de durabilité minimale est dépassée, dans une poignée de magasins tests. Une initiative qui va plus loin que le classique stickage des dates courtes, pour des produits sans risque pour la santé. Malin.

Bertrand Swiderski, directeur RSE (responsabilité sociale des entreprises) du groupe Carrefour, devant le meuble dédié aux produits d'épicerie dont la date de durabilité est dépassée.

Bertrand Swiderski, directeur RSE (responsabilité sociale des entreprises) du groupe Carrefour, devant le meuble dédié aux produits d'épicerie dont la date de durabilité est dépassée.

Carrefour se montre audacieux en matière de lutte contre le gaspillage. Très audacieux, même. Trois magasins de l’enseigne, vendent déjà des produits d’épicerie, dont la date de durabilité minimale (DDM) est dépassée. Jusqu’à 30 jours parfois. Il s’agit des Carrefour de Vannes (56), Cesson-Sévigné (35) et Amiens (80), qui ont servi de test pour ce projet entrant aujourd’hui en phase 2.

La DDM est l’équivalent de l’ancienne date limite d’utilisation optimale (DLUO). Les produits dont la DDM est dépassée peuvent avoir une qualité altérée, sans que cela ne soit nocif pour la santé. Ils sont donc parfaitement consommables. Présentés dans un meuble qui leur est dédié, ils bénéficient de réductions immédiates allant jusqu’à 50 %. Le test va donc être étendu, désormais, dans 14 magasins en Bretagne. « Le but est de voir comment le projet est géré par les équipes et comment il est accueilli par les consommateurs, explique Bertrand Swiderski, directeur RSE (responsabilité sociale des entreprises) du groupe Carrefour. Nous accompagnons le consommateur en magasin pour qu’il puisse comprendre la démarche. La tête de gondole au-dessus du meuble permet également de valoriser cette alternative. Pour le reste, nous comptons sur le pouvoir du bouche-à-oreille. » En dépassant les dates inscrites sur les emballages, Carrefour va ainsi plus loin que la vente à petit prix des produits qui approchent de la fin de date, déjà couramment utilisée. Même si ces bons plans supplémentaires sont autant de produits en moins récupérés par les associations caritatives. Pas de quoi, néanmoins, remettre en cause les 93 millions de repas redistribués chaque année par Carrefour.

Suppression de la date de péremption de certains produits

Le distributeur ne s’arrête pas là. En outre, il supprime aussi la DDM de certains de ses produits (sachets de bonbon, sucre, sel, vinaigre) et a récemment envoyé une demande d’autorisation à l’attention de Pascal Canfin, député européen « En Marche ! », afin de réaliser ce même travail sur le miel, les pâtes, les farines, les légumineuses et les produits céréaliers. L’objectif étant de changer progressivement la réglementation européenne à ce sujet. De quoi compléter l’allongement de la date limite de consommation (DLC) de 400 produits MDD, mis en place depuis longtemps dans les rayons grâce à des tests de vieillissement.

Enfin, l’aide des partenaires n’est pas neutre pour Carrefour. L’application Too Good To Go en fait partie : elle permet aux consommateurs de récupérer les invendus du magasin de leur choix. En six mois, 500 000 paniers de l’enseigne ont ainsi été vendus via l’application. Ils contiennent chacun cinq produits au minimum, dont la valeur faciale est de 12 €, vendus 3,90 €. Au départ déployé dans les supermarchés Carrefour, ce service est désormais accessible dans 100 hypers du parc. Carrefour compte encore étendre ce partenariat à d’autres hypers.

 

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